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Retrouvée morte chez elle 10 jours après un appel au Samu de Mulhouse : enquête ouverte

Une information judiciaire a été ouverte suite au décès, constaté le 13 juin, d'une femme de 60 ans. Dix jours plus tôt, son employeur avait composé le 15 pour alerter sur ses douleurs à la poitrine.

 

Article mis à jour le 1er octobre : déclarations du parquet de Mulhouse

 

Le parquet de Mulhouse a annoncé avoir ouvert le 20 septembre une information judiciaire pour non-assistance à personne en danger "par personne morale" et "contre X". Sont visés le groupement hospitalier régional Mulhouse Sud-Alsace et un médecin régulateur du Samu.

Le 3 juin, vers 10 heures du matin, le 15 reçoit l'appel d'une directrice d'une agence d'intérim de la ville qui signale le cas inquiétant d'une femme de 60 ans, à qui elle voulait confier une nouvelle mission : "elle se plaignait de douleurs à la cage thoracique, des douleurs intercostales, au cœur et au bras gauche. Elle disait ne pas réussir à respirer correctement", rapporte-t-elle dans Les Dernières nouvelles d'Alsace. La directrice a expliqué être "restée en contact" avec la sexagénaire jusqu'à ce qu'elle reçoive l'appel du Samu, mais ensuite aucun véhicule sanitaire n'aurait été envoyé pour lui porter assistance.

Dix jours plus tard, le 13 juin, le cadavre de cette femme est retrouvé "dans un état de putréfaction avancée" dans son appartement par un voisin. L'autopsie pratiquée sur le corps a confirmé que la victime était décédée des suites d'un arrêt cardiaque. La famille a porté plainte.

La direction de l'hôpital explique dans un communiqué que l'appel a bien été traité par le médecin régulateur, qui a pris "une décision médicale au regard des éléments échangés au cours de l’entretien avec la patiente".

D'après le Dr François Braun, président de Samu-Urgences de France joint par Franceinfo, "l'interrogatoire, la discussion s'est conclue sur un accord entre la patiente et le médecin sur les modalités de prise en charge". Le non-envoi du Smur aurait ainsi été acté, en accord avec la sexagénaire. "Je pense que si le médecin régulateur avait eu un doute, il aurait probablement agi différemment", estime François Braun, rappelant que les douleurs thoraciques constituent à la fois l'un des motifs d'appel au 15 "les plus fréquents" et un acte médical "difficile" à évaluer. "On ne peut pas emmener toutes les personnes qui se plaignent de douleurs thoraciques à l'hôpital."

"Il n'apparaît pas dans un premier temps qu'il puisse y avoir formellement un dysfonctionnement", "puisqu'il y a effectivement un opérateur du Samu qui passe immédiatement un médecin et le médecin interroge tout à fait normalement cette femme", a expliqué, lors d'une conférence de presse lundi, la procureure de la République à Mulhouse Edwige Roux-Morizot. "A l'issue de ces questions, il lui dit 'madame, vous avez pris des médicaments, attendez qu'ils fassent effet, restez bien allongée et éventuellement rappelez nous'", précise-t-elle. "A partir de cette fin d'appel, c'est le silence."

[avec DNA.fr et francetvinfo.fr et AFP]

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