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"Des médecins ont été réquisitionnés chez eux, à 23 heures pour travailler le lendemain"

Aux trois gendarmes qui lui ont tendu une réquisition pour sa compagne, dès le lendemain matin, il a répondu qu’elle n’était "pas là". Il ment et s’en explique ainsi : "si demain vous avez besoin d'infirmières et de médecins pour une épidémie, un attentat, un accident, ne vous inquiétez pas, ils et elles seront toutes là sans même avoir besoin de réquisitions. Mais tant que vos réquisitions seront pour palier à (sic) vos défauts d'organisation, vos choix économiques au détriment du service, et que vous resterez insensibles au dysfonctionnement général du système de santé, ELLE EST PAS LA".

Cette crise inédite est le paroxysme d’un mouvement social qui a débuté le 7 décembre dernier. L’ensemble du service est en grève pour protester contre la fermeture de la deuxième ligne de Smur, décidée par l’ARS. Seulement, pour les soignants, cette fermeture aurait de graves conséquences pour la population: la deuxième ligne a fait l’an dernier 700 sorties, dont 40 pour des urgences vitales. Depuis le 21 mai, le service des urgences a rejoint un deuxième mouvement social, initié au mois de mars par le Collectif inter-urgences de l’Assistance publique-hôpitaux de Paris, depuis rejoint par plus de 75 services d’urgence en France. Une manifestation nationale est prévue le 6 juin à Paris, au départ de Montparnasse.

"Cette fois, nous nous battons pour nos conditions de travail, qui ne cessent de dégrader", explique une infirmière. "En 2012, nous avions 70 passages en 24 heures, nous en avons plus de 100 aujourd’hui, jusqu’à 150 parfois, avec le même personnel. Nous adhérons aux revendications du collectif : une prime de 300 euros mensuels, des embauches et la réouverture de lits d’hospitalisation." Comme la plupart des services d’urgence, Lons-le-Saunier voit en effet sa charge de travail augmenter en raison d’un afflux de patients aux urgences, mais aussi d’un nombre de plus en plus important de patients qui restent aux urgences, pendant des heures, en attente d’une hospitalisation, faute de lits disponibles.

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