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"Né sous Vichy" : quand le sombre passé de l’Ordre des médecins resurgit

où le concours de l'internat des hôpitaux de Paris était devenu moins sélectif et où les opportunités de reprises de cabinets ou de cliniques étaient nombreuses, relève l'historien.

 

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L'Ordre actuel n’est pas l’ordre de Vichy : vrai, mais pour autant il n’a pas fait table rase

Ce premier Ordre, qui porte la tache originelle, est dissous par le Gouvernement provisoire de la République française le 18 octobre 1943, à Alger… Si les dispositions prises par Vichy sont jugées "contraires à la légalité républicaine", le "principe" d'un Ordre est en revanche acté. A l'issue d'une consultation avec les représentants de la profession (syndicats et Comité médical de la Résistance notamment), l'Ordre national des médecins actuel est donc créé le 24 septembre 1945 par une ordonnance du Général de Gaulle. En complément des syndicats, "organismes de défense de la profession" dont l'existence est rétablie, l'Ordre aura la charge de "maintenir la discipline et l'honorabilité de la profession". Ses membres seront élus, comme ils l'étaient sous Vichy, depuis 1942.

Preuve d'une certaine continuité, le dernier président de l'Ordre dissous sera le premier président de l'Ordre ressuscité. Le Pr Louis Portes s'est, en effet, distingué lors de la Libération, le 8 juillet 1944, en défiant l'autorité allemande dans une motion rappelant à ses confrères "qu'appelés auprès de malades ou de blessés ils n'ont d'autre mission à remplir que leur donner leurs soins, le respect du secret professionnel étant la condition nécessaire de la confiance que les malades portent à leur médecin, il n 'est aucune considération administrative qui puisse nous en dégager".

Au sein du corps médical comme dans la société toute entière, "l'heure est à l'oubli", relève Bruno Halioua. On ne retient de cette période trouble que les hauts faits des médecins résistants, tels Robert Debré, Pasteur Vallery-Radot ou Paul Milliez, qui confie dans ses mémoires avoir détruit, en août 1944, des lettres de dénonciation écrites par des médecins. "Il n’y a pas deux sortes de médecins, pas plus qu’il y a deux France, déclare-t-il devant une assemblée de confrères à la Sorbonne le 1er octobre 1944. Tous nous avons vibré à l’unisson. Et même si parmi vous, il y a des hommes qui n’ont pas cru comprendre, nous leur ouvrons les bras, car nous ne voulons pas former deux camps, d’un côté les médecins résistants et de l’autre les médecins non résistants. Nous ne chassons que les traitres, ceux qui ont nettement collaboré avec l’Allemagne." Le Dr Bernard Lafay illustre bien cette ambivalence : secrétaire général du conseil de l’Ordre de la Seine sous l’Occupation, il sera élevé au grade de chevalier de la Légion d’honneur pour son action dans la Résistance, notamment pour sa lutte contre le départ des travailleurs français en Allemagne.

Durant les années d’après-guerre, une omerta s'installe...

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