"Paupières mollasses" et "picotements dans les mammelles" : la grossesse décrite par un médecin en 1777 | egora.fr
PUB

Vous êtes ici

A+ A-

"Paupières mollasses" et "picotements dans les mammelles" : la grossesse décrite par un médecin en 1777

car les gestes incertains et répétés semblaient être les seuls à mettre en cause lors d’accidents post-partum, puisque notamment l’existence des agents pathogènes était totalement ignorée. "Heureuses les femmes, écrit-il, dont les Accoucheurs ne sont qu’oisifs spectateurs", et "ne prennent d’autre soin que celui de recevoir l’enfant".

Après cet avant-propos, Lefebure entame l’ouvrage avec cet article sur la conception, qui fait redécouvrir qu’à la fin du XVIIIe, il fallait encore dénoncer les croyances, totalement admises au siècle précédent, y compris dans les milieux instruits, tel celui du droit ! Mais il en reste aux explications du temps quant au développement in utero, qui est dû aux "esprits animaux" présents dans le sperme. La découverte des spermatozoïdes humains (1678) n’était pas encore connue de tous un siècle plus tard !

Quant aux signes de grossesse, Lefebure les énumère avec des exemples des plus surprenants, repris de la tradition même la plus antique, parmi lesquels on retrouve quelques mentions encore valables de nos jours (sensation de "gonflement" général, augmentation du volume mammaire, pollakiurie). Le plus surprenant est que Lefebure cite l’aménorrhée comme un signe non constant et non déterminant, au même titre que les "paupières mollasses", "les légers piccotements dans les mammelles", les "yeux battus et enfoncés", ou l’aspect variable des urines suivant le déroulement des mois… Nous aurons l’humilité de nous rappeler que la certitude et la précocité du diagnostic de grossesse ne viendront que longtemps après, avec l’identification de l’Human Chorionic Gonadotrophin (HCG) !

Citer ce manuel permet de faire connaître cet article sur la conception des enfants, lequel suggère néanmoins que l’ignorance crédule d’alors pouvait apporter des explications apaisantes à la société en général, et en particulier à Mme d’Auvermont et son époux, M. de Mautléon… Crédulité d’autant moins compréhensible que depuis des siècles, pour faire se multiplier les animaux domestiques, on savait accoupler mâles et femelles, aux moments choisis…

2 commentaires

D'accord, pas d'accord ?
Débattez-en avec vos confrères.

Vous n'avez pas de compte ?

Inscrivez-vous gratuitement

 

Site d’informations médicales et professionnelles,
Egora.fr s’adresse aux médecins, étudiants des facultés de médecine et professionnels de santé (infirmier, kiné, dentiste…). Nous traitons des sujets qui font le quotidien des médecins généralistes (démographie médicale, consultation, rémunération, charges, relations avec la CPAM, FMC, remplacement, annonces) et plus largement de tout ce qui concerne l’actualité santé : pathologies, médicaments, hôpital, recherche, sciences…