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Typhoid Mary : quand une cuisinière sème la maladie et la mort à New York

Typhoid Mary : quand une cuisinière sème la maladie et la mort à New York

débattue et avoir maudit ses assaillants, la cuisinière est finalement conduite à l'hôpital. Le verdict tombe : l'échantillon de selles est positif. Tout comme l'immense majorité des échantillons prélevés durant les 8 mois qui suivent, trois fois par semaine. Considérée comme dangereuse, la cuisinière est enfermée dans sa chambre d'hôpital.

Lui rendant visite, le Dr Soper tente une nouvelle fois une approche, soulignant qu'elle ne doit sa captivité qu'à son obstination. "Personne ne pense que vous avez propagé volontairement la typhoïde", lui assure-t-il, lui expliquant qu'il suffirait de s'astreindre à se laver les mains après être allée aux toilettes… ou de lui ôter la vésicule biliaire afin de couper court à l'infection, une bonne fois pour toute. Nouveau refus. La patiente est finalement transférée au Riverside hôpital, sur l'île North Brother (près de Rickers Island), où elle occupe un bungalow réservé à l'infirmière en chef.

Mary Mallon y reste deux ans, avant d'intenter un procès à la Ville : elle a été emprisonnée sans avoir pu bénéficier d'un procès, ni avoir été reconnue coupable d'un quelconque crime ; elle continue de clamer sa bonne santé. La presse s'empare de l'affaire, lui attribuant ce fameux surnom de "Typhoid Mary". Elle perd son procès, mais est finalement relâchée après trois ans de quarantaine, non sans avoir promis d'abandonner la cuisine et de se laver correctement les mains.

 

Evasion

Mais Mary Mallon disparaît… Elle change de nom et retourne aux fourneaux. Durant cinq ans, elle continue de propager la maladie dans tout New York, passant de restaurants en hôtels. Elle finit par être localisée au Sloane Hospital pour femmes : 20 cas de fièvres typhoïde sont recensés quand le Dr Soper est appelé sur place. Mary Mallon est immédiatement reconduite à l'hôpital. Elle y restera 23 ans.

Au fil des années, la surveillance se relâche : l'Irlandaise est employée au laboratoire de l'hôpital et autorisée à se rendre en ville, de temps en temps. Résignée, Mary Mallon a fini par accepter son sort, mais sans jamais comprendre ce qu'on lui reprochait. En 1932, elle fait un AVC qui la laisse paralysée, et décède en 1938, à l'âge de 69 ans.

George Soper attribuera 53 cas de typhoïde à la cuisinière, dont 3 décès. "De nombreux cas sont sans doute restés inconnus", relève-t-il.

 

Sources
- G. A. Soper, "The Curious career of Typhoid Mary", The Bulletin, Mai 1939
- "Mary Mallon", American Journal of Public Health, Janvier 1939
- Filio Marinelli, Gregory Tsoucalas, Marianna Karamanou and George Androutsos, "Mary Mallon (1839-1938) and the history of typhoid fever", Annals of Gastroenterology, 2013

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