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Typhoid Mary : quand une cuisinière sème la maladie et la mort à New York

Typhoid Mary : quand une cuisinière sème la maladie et la mort à New York

 employée durant trois semaines dans la maison : une certaine Mary Mallon, 40 ans, embauchée via une agence spécialisée. Un plat, en particulier, attire son attention : une crème glacée aux pêches. La cuisinière, via ses mains souillées, aurait pu ainsi contaminer les occupants de la maison, les bactéries n'étant pas éliminées par la cuisson.

Se rapprochant de l'agence, le médecin retrouve la trace des précédents employeurs de l’Irlandaise et découvre que sept des huit familles où elle a officié depuis 1900 ont été frappées par la fièvre typhoïde peu de temps après son arrivée. Dans l’une d’entre elles, Mary Mallon s’est même distinguée en prodiguant ses bons soins aux sept malades, empochant 50 dollars de prime à la fin du contrat. La cuisinière, une femme robuste respirant la santé, n’a jamais été suspectée.

 

Première confrontation

Soper finit par la retrouver en 1907 dans une belle demeure située sur Park avenue. Un foyer qui vient tout juste d’être frappé par le malheur : une jeune fille vient d’être emportée par la typhoïde, tandis qu’une lingère a été hospitalisée. Mais la confrontation tant attendue entre l’enquêteur et sa suspecte tourne au vinaigre. "Je dois avouer que j'ai bien mal commencé", relate le médecin devant la Section d'histoire et de culture de la médecine, en 1939. "Mary n'a apparemment pas compris que je cherchais à l'aider." L'épidémiologiste a fait l'erreur de questionner de but en blanc la cuisinière, lui réclamant des échantillons de selles, d'urine et de sang. Sûr d'avoir trouvé la première porteuse saine des Etats-Unis, le praticien veut comprendre les mécanismes de transmission de la maladie, suspectant une mauvaise hygiène des mains. Choquée d'être ainsi mise en cause, la cuisinière le renvoie séance tenante.

Quelques jours plus tard, le médecin fait le pied de grue devant sa chambre : nouveau refus. "Elle a nié savoir quoique ce soit concernant la typhoïde. Elle ne l'a jamais eue (…) Elle a toujours été en parfaite santé et ne permet pas qu'on l'accuse", rapporte Soper. Alors que le contrat de Mary Mallon s'achève, l'épidémiologiste décide d'en référer aux autorités sanitaires : il recommande à l'officier médical du département de santé de la ville de New York de placer la cuisinière en quarantaine, la qualifiant d'"incubateur vivant" de fièvre typhoïde. Une inspectrice sanitaire, le Dr S. Josephine Baker, est à son tour dépêchée sur place pour tenter une approche diplomatique : qu'elle soit une femme ne change rien, Mary Mallon lui "claque la porte au nez".

 

En quarantaine

Le département de santé est contraint d'user de la manière forte. Le lendemain matin, une ambulance est envoyée au domicile de l'Irlandaise : accompagnée de trois policiers, le Dr Baker s'en va quérir la patiente, contre sa volonté s'il le faut. Mary Mallon ne veut rien entendre : elle refuse obstinément de fournir les prélèvements demandés. Après s'être enfuie...

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