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Comment une fille de charron est devenue la première femme médecin française

supporter de voir des enfants souffrir ? Et après-tout pourquoi ne se contente-t-elle pas de vouloir devenir infirmière ou sage-femme ?

 

Casser les préjugés

Quelques-uns des plus grands médecins de l'époque se sont exprimés contre l'accès des femmes à la  profession. Dans L'Union médicale, le docteur Richelot, vice-président de la Société de médecine de Paris estime que l’arrivée des femmes constituera une "déplorable tendance […], une maladie de notre époque". Dans son ouvrage La Femme-médecin, il écrit : "Pour être médecin, il faut avoir une intelligence ouverte et prompte, une instruction solide et variée, un caractère sérieux et ferme, un grand sang-froid, un mélange de bonté  et d’énergie, un empire complet sur toutes ses sensations, une vigueur morale et au besoin, une force musculaire. Ne sont-elles pas au contraire de la nature féminine."

En 1888, le professeur Jean-Martin Charcot estime lui que "les prétentions des femmes sont exorbitantes, car elles sont contraires à la nature même des choses et à l’esthétique". En 1900, la revue La médecine moderne souligne que "la femme ne peut être qu’une thérapeute médiocre, […] qu’elle est de ces herbes folles qui ont envahi la flore de la société, […] qu’elle ne sera jamais qu’une excellente garde-malade".

Madeleine, elle, veut casser tous ces préjugés. Elle adresse une pétition au ministre de l'Instruction publique Victor Duruy. Elle peut aussi compter sur le soutien de Charles-Adolphe Wurtz, qui plaide en sa faveur au ministère… Et la question est mise à l'ordre du jour du conseil des ministres. Hasard du calendrier, c'est l'impératrice Eugénie qui préside le conseil ce jour-là. Ainsi, à la surprise générale, les ministres autorisent l'accès des femmes aux études de médecine. "J’espère que ces jeunes femmes trouveront des imitatrices, maintenant que la voie est ouverte", a conclu l'impératrice.

 

Thèse intitulée "Mamelle et allaitement"

Toujours avec l'autorisation officielle de son mari, Madeleine Brès s'inscrit donc à la fac de médecine de Paris où elle suit assidument les cours. Le problème, c'est que, selon la loi, une femme ne peut toujours pas exercer comme externe ou interne au sein des Hôpitaux de Paris. Madeleine a alors la chance de rencontrer un nouveau soutien de poids, le professeur Paul Broca, qui la prend comme "élève stagiaire". Quelque temps plus tard, son mentor, le doyen Charles-Adolphe Wurst écrira : "Par son ardeur au travail, par son zèle dans le service hospitalier, nous nous plaisons à reconnaître que Mme Brès a, par sa tenue parfaite, justifié l’ouverture de nos cours aux élèves du sexe féminin et obtenu le respect de tous les étudiants avec lesquels elle s’est trouvée forcément en rapport."

Encore une fois, c'est un hasard politique qui permettra de changer le destin de Madeleine Brès...

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