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Médecin légiste, il redonne un nom aux soldats morts à Verdun

ossements sont mis au jour pour la levée de corps médico-légale. La plupart du temps, il s'agit de restes osseux. Tibias, fémurs, mâchoires, humérus et autres fragments de quelque 130.000 hommes sont conservés à l'ossuaire de Douaumont.

Pour le centenaire, des travaux ont creusé la terre plus profondément, dévoilant des squelettes parfaitement conservés dans la glaise. "Il y a des endroits où ils sont les uns sur les autres. Il y en a un, 20 cm plus loin, un pied apparaît et ainsi de suite... Si on continuait, on n'arrêterait pas", détaille le docteur.

Quand le légiste repère une dépouille, il fouille méticuleusement la terre pour dénicher la plaque d'identité militaire. Sur ce minuscule objet (2,5 sur 3,5 cm), porté autour du cou ou au poignet, sont gravés nom, prénom, année et lieu d'incorporation. "Tout est rattaché à cette plaque. Si on ne la trouve pas, le soldat restera à jamais inconnu", insiste-t-il. On la retrouve rarement: des Poilus ne voulaient pas la porter ou "le soldat qui trouvait un compagnon mort lui retirait sa plaque et l'apportait à l'officier du régiment""J'ai beaucoup de regrets pour un officier allemand qui était sous les escaliers du Mémorial de Verdun avec des bottes à lacets. Sa plaque était à côté de lui, malheureusement complètement rouillée donc inexploitable", raconte le Dr Frémont. Les médailles ont été fabriquées à partir du milieu du conflit dans un alliage de zinc et de maillechort qui les rend lisibles encore aujourd'hui. Pour le soldat Hans Winckelman, "j'ai fait recasser toutes les mottes et dans la dernière, on l'a trouvée. On est remonté jusqu'à son village en Allemagne et il a été enterré à côté de son frère, tué lui aussi pendant la guerre"

 

"En larmes" devant la dépouille de son grand-père

Persévérant, le légiste a aussi déterré en 2015 le médaillon du sergent Claude Fournier: grâce à un descendant, il est devenu l'an dernier le tout premier Poilu identifié grâce à l'ADN"Le devoir de mémoire est le plus important", précise-t-il. Il se souvient avec émotion de la petite-fille du 2e classe Jean Peyrelongue, "tombée à genoux, en larmes" devant la dépouille de ce grand-père qu'elle n'avait jamais connu. "A la perte de tous ces hommes s'ajoute la souffrance terrible pour...

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