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Grippe espagnole : les zones d'ombre de la pire pandémie de l'Histoire

de la bouche s'étend. Délirant, le malade meurt rapidement par suffocation alors que des vomissures de sang s'échappent de ses lèvres et souillent son environnement."

Les moyens modernes offerts par la microbiologie sont inefficaces. Les médecins ne s'avouent pas vaincus pour autant et testent divers cocktails de vaccins et de sérums conçus à partir des streptocoques et pneumocoques retrouvés dans les cas de complications pulmonaires.

Mais les malades doivent souvent se contenter des remèdes populaires (bain chaud, enveloppement, cataplasme, fumigation…) et de la pharmacopée traditionnelle : quinine et aspirine pour lutter contre cette "fièvre de trois jours", antiseptiques tel que le bleu de méthylène. Sans oublier la traditionnelle saignée, toujours pratiquée, que l'on pensait efficace contre les formes asphyxiques de la grippe.

Des stimulants sont également utilisés, comme les toniques cardiaques, le camphre… ou le rhum. A l'automne 1918, la Ville de Paris a ainsi fait venir 500 hectolitres de rhum. Mis à disposition des pharmacies, l'alcool n'est délivré que sur prescription médicale.

Plus rarement, on tente l'injection intraveineuse de caféine, d'adrénaline, d'urotropine ou de métaux colloïdaux (or, argent, étain, arsenic). "Le but est de provoquer une réaction forte du corps", explique l'historienne. Dans la lignée de cette "médecine héroïque", une ancienne technique est remise au goût du jour lors de la pandémie de grippe espagnole : l'abcès de fixation, créé par injection d'essence de térébenthine, qui doit permettre de localiser dans l'abcès les agents infectieux.

 

  • La faillite des autorités

Isolement des malades à l'hôpital, désinfection des locaux, du linge et des patients, décontamination des lieux publics, affrètement de taxis à Paris pour permettre aux médecins de se rendre la nuit au domicile des malades… Les mesures prises par les autorités pour lutter contre l'épidémie semblent bien dérisoires.

L'inaction des pouvoirs publics est d'ailleurs critiquée dans un article du Journal, le 19 octobre 1918. Le gouvernement se contente de donner des conseils (éviter les rassemblements, prendre des grogs au rhum, de l’aspirine et de la quinine, appeler le médecin au premier malaise), accuse le quotidien. "C’est facile à dire. Le rhum est hors de prix : vous n’en trouverez pas à moins de 16 F le litre et si vous...

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