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Grippe espagnole : les zones d'ombre de la pire pandémie de l'Histoire

eu pour origine le camp militaire britannique d'Etaples, dans le Nord de la France, et pourrait correspondre à l'une de ces "fièvres de tranchée" non identifiées qui se sont déclarées en 1916-1917.

 

  • Rumeurs et controverses scientifiques

Comment la grippe, maladie familière et relativement bénigne, peut-elle être aussi meurtrière ? La censure de guerre favorise, paradoxalement, la circulation de rumeurs sur l'identité et l'origine de l'épidémie. Alors que l'Armée la désigne par "la maladie onze", au sein de la population civile, "on pense à la peste, au choléra. A une guerre bactériologique", évoque Anne Rasmussen. Les habitants de New York suspectent un gaz diffusé à partir de sous-marins allemands.

Face à une telle virulence, notamment chez les jeunes adultes bien portants, académistes et scientifiques en sont réduits aux supputations sur l'identité de l'agent pathogène : est-ce le bacille de Pfeiffer, isolé dans les crachats de malades au cours de la grande épidémie de 1889-1890 et retrouvé chez quelques-uns des patients infectés ou décédés en 1918? Ou s'agit-il d'un "agent ultrafiltrable" ? "Le virus n'est pas encore connu", rappelle Anne Rasmussen.

En octobre 1918, le médecin-chef français René Dujarric de la Rivière présente les résultats de ses travaux à l'Académie des sciences de Paris : il a pu récupérer l'ultrafiltrat de la grippe dans les crachats et le sang des malades et a réussi à répliquer la maladie en se l'injectant.

"Le 8 octobre 1918, j'ai choisi, dans le pavillon des grippes graves de l'hôpital 45, à T…., quatre malades parmi les plus graves (l'un d'eux est mort), relate-t-il. A chacun nous avons prélevé 20 cm3 de sang : 5 cm3 ont servi à pratiquer des hémocultures qui, toutes les quatre, ont été négatives ; le reste a été défibriné et les quatre sangs mélangés ont été passés à la bougie Chamberlant. Le filtrat a été utilisé ainsi : une partie a servi à inoculer des lapins ; je me suis fait inoculer sous la peau 4 cm3 de ce filtrat." Au 3e jour, il est frappé par une forte attaque grippale.

Mais l'identité du virus demeure incertaine. Il faut attendre 1933 pour que le virus de la grippe soit reconnu chez l'homme, grâce au microscope électronique.

 

  • Rhum, médecine héroïque et cocktails de vaccins

Ni vaccin, ni sérum, ni traitement. Avec la grippe, "ça passe ou ça casse", résume Anne Rasmussen. L'incubation est très brève : un à trois jours. La maladie se développe en quelques heures et peut entraîner une mort rapide. "Dans les formes cliniques létales, le malade, après avoir l'apparition brutale d'une grippe traditionnelle (température élevée, toux, mal de gorge, douleurs musculaires et articulaires), a ceux d'une trachéobronchite et d'une bronchiolite, décrit le Pr Didier Ingrand dans La Revue du Praticien. La cyanose qui a débuté autour...

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