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Nicole Mangin, seule femme médecin dans l'enfer de Verdun

. ses études de médecine, laissant la garde de son fils à son ex-mari. Ses recherches, menées à la Sorbonne et à l'Institut Pasteur dans l'équipe du Dr Emile Roux, sont centrées sur le cancer et sur la tuberculose. En 1909, sa thèse sur Les poisons cancéreux obtient la mention "très honorable". Choisissant d'exercer à l'hôpital, le Dr Girard-Mangin devient une référence dans le domaine de la tuberculose et des maladies pulmonaires, représentant la France au Congrès international sur la tuberculose en Autriche en 1910.

 

Une présence tout juste tolérée

 

Au lendemain de la déclaration de guerre, début août 1914, Nicole Mangin a la surprise de recevoir un ordre de mobilisation émanant du Service de santé des armées. L'Armée, qui n'acceptera les femmes que 30 ans plus tard, croit avoir requis les services du "Dr Gérard Mangin" pour un poste à l'hôpital thermal de Bourbonne-les-Bains (Haute-Marne), établissement de réserve. Nicole s'exécute. "Je demande un homme, on m'envoie une femme!", lui lance le médecin-chef qui l'accueille. L'armée manquant de médecins au début du conflit, la présence de Nicole Mangin est tout juste tolérée.

On lui octroie l'uniforme des doctoresses de l'armée britannique. Son "accoutrement singulier" (sic) est immortalisé dans le journal L'image de la guerre. "Je dois à ma casquette d'avoir gardé une coiffure correcte, même en dormant sur des brancards, d’avoir tenu des heures sur un siège étroit sans gêner le conducteur. Je dois à mes larges et multiples poches d'avoir toujours possédé les objets de première nécessité: un couteau, un gobelet, un peigne, de la ficelle, un briquet, une lampe électrique, du sucre et du chocolat. (…) Enfin, je dois à mes caducées et à mes brisques le prestige qu'il m'a fallu parfois auprès des ignorants et des sots", écrit-elle dans une lettre de remerciement au journal.

Payée un sou par jour et recevant le tabac réglementaire, Nicole Mangin entreprend de préparer l'hôpital thermal à recevoir des blessés. Ils arrivent par centaines. Elle les soigne comme ses confrères masculins, ce qui lui vaut un début de reconnaissance: mutée à Reims à sa demande, elle est chargée du train sanitaire qui l'y conduit. Là encore, sa condition féminine créé la surprise. Harcelant la hiérarchie, elle finit par obtenir le grade de médecin auxiliaire… mais le salaire d'une infirmière. En décembre 1914, elle est affectée à Verdun, où sévit une épidémie de fièvre typhoïde. Evoluant parmi des milliers d'hommes, Nicole trouve réconfort auprès d'une femelle berger allemand, qu'elle nomme "Dun", diminutif de Verdun.

Arrivée à l’Hôpital n°7, à Baleycourt, elle est traitée, écrit-elle à sa famille, comme une pestiférée...

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