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"Je comprends la frustration des remplaçants, mais il est légitime qu’ils n'accèdent pas au DPC"

conséquente (100 millions d’euros pour les médecins, 100 millions pour les autres professionnels de santé). Bien sûr, on dira que ce n’est pas suffisant… Ce n’est jamais suffisant. La preuve, c’est que l’enveloppe est consommée trop vite. Et c’est bien pour cela qu’il faut s’assurer que cet argent soit bien utilisé. Même en 2020 et 2021, en pleine crise sanitaire, l’argent a été consommé. L’adaptation des opérateurs et de l’Agence pour transformer les programmes présentiels en programmes virtuels a d’ailleurs été remarquable. 

Malgré tout, je n’ai pas dit que 200 millions étaient suffisants, et le syndicalisme le dit depuis longtemps : il faudrait le double. Car aujourd’hui, effectivement, il y a entre 35 et 40% des professionnels de santé qui se forment chaque année. Sur la période triennale, nous ne sommes pas certains que tout le monde y soit passé. Il y a donc encore du grain à moudre. 

 

Quel a justement été l'impact de l'épidémie de Covid-19 sur la formation des professionnels de santé ? 

Pendant cette période, les professionnels de santé ont accédé à des programmes financés par le DPC qui étaient très majoritairement en 2020 et 2021 des programmes distanciels. Nous proposons deux types de programmes distanciels : synchrones (des réunions Zoom, avec une vraie interactivité possible) et asynchrones. Ces derniers programmes sont mis en ligne et les soignants peuvent les consulter où ils veulent, quand ils veulent. Mais il n’est pas certain qu’ils les consultent… Ce n’est pas une critique mais c’est probable, et non contrôlable. De même, les contenus sont difficiles à contrôler, et la capacité de ces contenus à modifier les comportements est quasi inévaluable. Il n’est pas question de rejeter le distanciel mais de se pencher davantage sur les capacités pédagogiques de ce type d’outils. 

 

Les prochaines thématiques doivent d’ailleurs prochainement être décidées… 

La période triennale se termine en effet en 2022, s’ouvrant ainsi sur une nouvelle période (2023-2025) avec de nouvelles orientations nationales prioritaires. La DGOS est en train de réviser l’annexe 1 des orientations nationales prioritaires qui sont celles proposées par l’Etat, et sont argumentées par des fiches de cadrage. J’aimerais que le nouveau Haut Conseil soit en mesure de conseiller l’Etat sur la rédaction de ces fiches de cadrage qui ne sont pas assez bien comprises ni bien utilisées. 

 

Votre prédécesseur déplorait le manque de contenus liés au Covid-19 proposés par les opérateurs. Souhaitez-vous la création de programmes spécifiques? 

La formation médicale continue est censée financer des procédures valides, pas en expérimentation. Je ne dirais pas que la crise du Covid est une expérimentation, mais elle nous est tombé dessus et je ne vois pas le type de programmes que nous aurions pu faire au début de l'épidémie, sauf à rappeler les gestes barrières. Aujourd’hui, je ne vois toujours pas, compte-tenu des évolutions, ce que l’on pourrait en dire, sauf sur un point sur lequel nous ne savons pas grand chose : le Covid long. Il faut probablement que des formations soient faites à ce sujet, avec les précautions nécessaires. Je ne regrette pas que nous n’ayons pas financé des actions Covid à tout-va en 2020 et 2021, mais il faut maintenant faire l’analyse de ce qu’il s’est passé en travaillant particulièrement sur la thématique du Covid long. 

 

*Fonds d'assurance formation de la profession médicale 

**Fonds interprofessionnel de formation des professionnels libéraux 

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