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"Je comprends la frustration des remplaçants, mais il est légitime qu’ils n'accèdent pas au DPC"

avec l’administration, ainsi qu’avec les 8 commissions scientifiques indépendantes (CSI). Nous réfléchissons ensemble à ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas, aux façons d’améliorer la qualité de l’offre déposée par les opérateurs. On le fera d’autant plus volontiers quand nous aurons un véritable Conseil scientifique [en remplacement du Haut Conseil], lorsque celui-ci sera nommé officiellement. 

Nous avons appris par ailleurs que nous sommes parvenus à convaincre la DGOS d’intégrer dans le futur décret les présidents des CSI - qui ont la main dans le cambouis et examinent les dossiers. Ces présidents s'ajouteront aux 8 personnalités qualifiées qui seront recrutées. Ces dernières ne seront pas forcément issues des professions de santé, mais auront les compétences nécessaires pour nous aider à mieux calibrer l’offre (par exemple des personnes qui connaissent le système international en matière d’évaluation des pratiques professionnelles, des experts en nouvelles technologies, en IA, en objets connectés, etc.).  

Nous avons décidé avec les présidents de CSI d’anticiper la parution du décret et de commencer à travailler ensemble sur ce qu’on a constaté et qui mérite d’être amélioré, en particulier l’évaluation des pratiques professionnelles (EPP) et les programmes intégrés. Nous nous sommes aperçus que l’offre était très faible. Pourtant, lorsque l’ANDPC a été créée, des travaux avaient été faits avec la Haute Autorité de santé pour améliorer les compétences via l’analyse des pratiques professionnelles. Nous nous apercevions en effet que les professionnels de santé qui venaient lors des formations étaient contents de retrouver les copains, mais, lorsqu’ils retournaient au cabinet, ils faisaient comme avant. Nous avions donc beaucoup misé sur la possibilité pour les médecins de réfléchir à leur pratique, de l’analyser. L’EPP devait être un instrument puissant de prise de conscience et de modification des comportements. Malheureusement, trop peu de choses ont été faites depuis. Les premiers appels d’offres d’évaluation des pratiques professionnelles datent de 2008. Force est de constater qu’ils ne sont pas assez utilisés. Il faut qu’on analyse pourquoi : est-ce que les méthodes de la HAS ne sont pas comprises, est-ce qu’elles sont trop difficiles à mettre en œuvre, trop chères, trop chronophages? 

 

Concrètement, à ce jour, quelles sont vos missions ? Comment orientez-vous les décisions de l'ANDPC sur le plan scientifique et pédagogique ? 

Il est nécessaire aujourd’hui que nous allions au fond de l’analyse de l’offre pour savoir ce que l’on finance et la qualité de ce que l’on finance. Mon rôle est d’analyser ce que fait en première instance l’Agence qui reçoit les offres et ce que font les CSI qui les étudient sur le fond de la qualité scientifique et pédagogique et de l’adéquation aux méthodes. C’est un travail qui n’est pas toujours facile à faire, car l’Agence est très respectueuse des règles : un dossier qui est bien ficelé au plan administratif/réglementaire peut être validé alors qu’il peut être considéré comme n’étant pas forcément de bonne qualité ni en capacité d’améliorer véritablement les compétences et les connaissances des professionnels de santé. Inversement, des projets peuvent être rejetés au plan administratif - parce qu’ils ne sont pas correctement rédigés par exemple -, alors qu’ils sont excellents au niveau de l’information. Mon travail est donc de réécrire, toiletter les méthodes et les moyens qui sont exigés des opérateurs. 

 

Comment évolue le nombre de médecins formés grâce au DPC ? 

Pour valoriser l’ANDPC, nous ne pouvons que constater que l’enveloppe de [près de] 200 millions d’euros accordée chaque année est consommée très vite. La question n’est pas de savoir si l’ANDPC ne joue pas son rôle : elle le joue en mettant sur le marché une offre...

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