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"J'aurais pu disparaître" : en conflit avec son supérieur, un homme interné d’office par la préfecture où il travaille

Eric, ingénieur agronome de 57 ans, a été interné sur arrêté préfectoral le 9 août dernier, deux mois après avoir porté plainte pour harcèlement contre son supérieur. Il vient d’être libéré, sur ordre de la justice.

"J'aurais pu disparaître." Le 9 août, Eric D. se trouve à son domicile lorsque la police frappe à sa porte. "Ils m'ont foutu à terre, le visage sur le sol, m'ont menotté, je me suis débattu ne comprenant pas ce qui se passait et à l'hôpital ils m'ont dit que j'étais énervé, m'ont fait 3 ou 4 piqûres et mis en cellule d'isolement, entravé, sauf un bras pour uriner. J'ai failli faire un arrêt cardiaque", raconte-t-il à l’AFP.

Son médecin traitant n'est pas informé, et son épouse interdite de visites. "Je suis resté 4-5 jours, pas douché, avec les mêmes vêtements et des psychotropes matin, midi et soir, je ne pouvais plus marcher."

Cet ingénieur agronome, fonctionnaire de la préfecture des Alpes-Maritimes qui dit être victime d’harcèlement moral depuis 2016, apprend alors qu’il fait l’objet d’un arrêté préfectoral d’internement sans consentement pour trouble à l’ordre public et paranoïa. Un diagnostic posé par un médecin désigné par la police, mais contredit par d’autres certificats médicaux.

En avril, le fonctionnaire avait été suspendu et son salaire amputé de 40%. Suite à quoi il avait porté plainte pour harcèlement moral le 5 juin contre son supérieur. "Monsieur D. est certes en déprime suite à cet harcèlement moral depuis 2016 mais il n'est pas fou", avait indiqué son avocate, Me Anne-Catherine Colin-Chauley pour plaider sa libération. Elle vient d’obtenir gain de cause. "Monsieur D. s'est clairement expliqué (...) sur sa situation professionnelle extrêmement dégradée pour laquelle à ce jour, il a peu de solutions de sortie" et "son épouse décrit celui-ci comme préoccupé par ce problème mais en aucun cas délirant", a estimé la juge des libertés et de la détention de Grasse, doutant qu'il présente un danger pour l'ordre public et la sûreté des personnes et ordonnant sa remise en liberté le 16 août.

La préfecture n'a pas souhaité s'exprimer arguant que l'affaire était aux mains de la justice.

[avec AFP]

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