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"Avec les maisons de santé, on aspire les médecins qui exerçaient dans les petits patelins"

même les pharmacies ferment, les médecins je n’en parle pas ! Je pense que ça a été quelque part une conséquence négative sur la proximité et le maillage du territoire. Ce qu’il faudrait aussi, c’est que tous ces professionnels qui sont dans ces structures participent à toutes les missions de service public. Il faut s’assurer qu’ils fassent de la PDSA, qu’ils répondent en journée à leurs patients, etc. On revient sur la problématique de l’incitation à l’acte.  

 

Etes-vous inquiet pour l’avenir de l’exercice libéral ? 

Si on privilégie uniquement une des formes d’exercices par rapport à toutes les autres (le libéral y compris), on va tourner le dos à ce qui fait la réponse - et l’excellence, française. Je suis quand même assez optimiste. Je vois autour de moi un frémissement et un désir de liberté. Certains préféreront l’exercice en salariat, d’autres, la liberté avec une installation. Dans les structures, on voit beaucoup de salariés administratifs arriver. C’est une réponse, bien sûr, mais encore une fois, s’il n’y a que celle-ci qui est proposée, cela va être fait au détriment des petits territoires et des patients. 

 

Lors des négociations interprofessionnelles sur l'avenant 2 de l'ACI CPTS, en décembre dernier, vous aviez proposé un autre modèle de coordination. Quel est-il ? 

Au sein de l’UNPS, nous avons développé le concept des Escap (équipe de soins coordonnée autour du patient). Il permet à tout soignant, quelles que soient sa profession et sa forme d’exercice, de pouvoir se coordonner autour d’un patient lorsque ce dernier nécessite une prise en charge coordonnée. Pour cela, nous avons mis en place une grille d’inclusion avec différents items à laquelle un professionnel peut se référer pour savoir s’il y a un besoin de coordination pendant une période transitoire ou prolongée. C’est une forme de coordination simple, qui ne nécessite pas de se constituer en société interprofessionnelle de soins ambulatoires (Sisa) ou de rédiger un projet de santé. Elle peut aussi servir aux structures existantes. Celles qui veulent prendre en charge un de leurs patients dont l’infirmière ou le pharmacien n’est pas dans la structure par exemple. Ça répond à tout. 

Où en est-on dans la reconnaissance de ces équipes de soins ouvertes ? 

Aujourd’hui notre priorité, c’est que les Escap soient considérées comme une forme d’exercice coordonné par la Sécurité sociale. Nous sommes allés voir le cabinet du Premier ministre, la DNS et l 'Agence du Numérique en Santé (ANS). Nous avons présenté notre schéma et notre position. La Caisse d’Assurance maladie a agréé et on a déjà eu deux groupes de travail qui ont été effectués. Il doit y en avoir d’autres cette semaine. On a très bon espoir de voir arriver dans un proche avenir cette forme de coordination ouverte, à côté des autres formes. Ça permettra la réponse autour du patient dans un cadre libéral. Mais ce sera aussi un moyen pour toutes les professions de s’articuler entre elles, sans être montées les unes contre les autres. On est tous complémentaires. Si les périmètres de certaines professions doivent être définis, nous devons le faire entre nous, ça ne doit pas être imposé par des non professionnels.  

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