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La suppression du numerus clausus est "une erreur" pour le Doyen des doyens qui fait le point sur la nouvelle Paces

sont les conséquences du Covid sur un afflux exceptionnel d’étudiants. Tout cela se conjugue avec la mise en place des réformes. 

 

Dans quelle mesure les capacités d’accueil ont été revues dans les facultés ? 

Par exemple à Tours, quand j’ai vu que restaient bloqués sur Parcoursup des étudiants qui avaient un baccalauréat avec mention assez-bien mais tout près de la mention bien, et qu’ils ne pouvaient pas, alors qu’ils exprimaient des motivations fortes, tenter leur chance, on a convenu avec le rectorat d’augmenter notre capacité d'accueil. Nous avons ouvert 200 places supplémentaires en Pass et 30 places dans les L.AS. La difficulté, c’est que les L.AS dépendent d’autres composantes et nos collègues nous ont indiqué qu’ils étaient, eux aussi, confrontés à une situation de saturation de l’offre. Pour vous donner un chiffre marquant, d’habitude avec la Paces, on avait 1.500 étudiants. Cela correspondait environ à 1.000 primants et 500 redoublants. Cette année, entre le Pass et les L.AS on est à peu près à 2.200 étudiants. C'est une augmentation considérable, rien que dans notre université de Tours, qui est une université de taille moyenne.  

 

 

Malgré la suppression du numerus clausus dans la réforme du premier cycle, il y aura tout de même une sélection à la fin de l’année pour intégrer la filière médecine. Compte tenu de cet important effectif, ne redoutez-vous pas un écrémage finalement plus sévère que lors du concours de la Paces ? 

D’une part, je pense que cette réforme est intéressante parce qu’on sait bien que les redoublements n’étaient pas une bonne solution. Permettre à un étudiant d’avoir une deuxième chance, en lui offrant la possibilité de rejoindre les études de santé plus tard, c’est une bonne chose. Je ne peux pour l’instant pas le démonter, j’espère ne pas avoir tort. Mais, je crains que les néo-bacheliers, qui n’ont jamais passé d’examen puisqu’ils n’ont pas passé le baccalauréat à cause du Covid et qui ont été confinés pendant trois mois, psychologiquement, ne soient pas tout à fait préparés comme d’habitude.  

Et puis, d’autre part, on a beaucoup parlé de la disparition du numerus clausus. Je pense que ça a été une erreur. Même s’il n’y a pas de numerus clausus à l’unité près désormais, je pense que les études vont rester extrêmement sélective et probablement pas moins sélectives qu’elles ne l’étaient avec le numerus clausus. C’est un sujet de préoccupation pour nous.  

 

Effectivement, car les 2.000 élèves de Tours par exemple, ne pourront pas tous intégrer médecine, maïeutique, pharmacie, odontologie et kiné... 

Bien sûr. On n’est pas loin dans les facs de médecine française, d’être au maximum de nos capacités de formation. Et puis, l’enjeu pour répondre aux besoins de santé dans les territoires, n’est pas tant au nombre. C’est vrai qu’il y a besoin de former un peu plus de médecins. Mais le sujet, c’est essentiellement leur répartition. On oublie que quand on se compare aux pays comparables, en particulier en Europe, on n'a pas un déficit quantitatif considérable. Par contre, on a cette fameuse diagonale du vide dans laquelle il y a tout de même des patients à soigner. Et, il n’y a pas de...

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