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Thomas Lilti : "Rivalité, individualisme, bachotage… Ce n'est pas la bonne façon de former les médecins"

le développement de ce que sont les qualités humaines d'un bon médecin. Amenons un peu d'humanité, amenons les humanités dans la formation médicale, dès le départ, et peut-être que nous aurons des médecins plus ouverts sur le monde. Continuons à les former sur des critères d'individualisme et de compétition, que l'on retrouve dans la société d'aujourd'hui, et on aura des médecins qui ressemblent à ça. Pourquoi il n'y a pas de médecins dans les campagnes ? A l'hôpital public ? Tout n'est pas expliqué par la Paces, mais je pense que cette sélection délirante de la première année est un début de réponse.

 

Vous mettez en scène deux personnages : l'un qui est capable de tout apprendre par cœur, et il y a beaucoup à apprendre en médecine, et l'autre qui gaspille un peu son énergie à essayer de comprendre…. Lequel des deux fera le meilleur médecin ?

Je ne sais pas, personne ne le sait. Mais je suis convaincu que ce n'est pas en pressurisant les jeunes gens, et en ayant un concours qui favorise ceux qui ont les codes du savoir, qui ont un héritage culturel, social, qu'on forme les meilleurs médecins. L'idée que c'est si on est capable de supporter la pression de cette première année, on sera capable de supporter la pression imposée par la pratique médicale, je n'y crois pas!

Benjamin, l'un de mes deux personnages principaux, il n'a pas envie d'être médecin. Il a beau être le meilleur du monde pour apprendre, avoir des aptitudes supérieures pour répondre à des QCM… Il n'est pas fait pour ça, il n'a pas ça en lui. Donc le problème est réglé : il ne faut pas qu'il soit médecin, car il sera un mauvais médecin. Je pense que c'est le personnage d'Antoine qui fera le meilleur médecin : même s'il lui manque quelques aptitudes, il est porté par cette envie d'apprendre, de savoir. Le goût pour la pratique de ce métier fera de lui un bon médecin.

 

Certains de nos lecteurs vous répondront qu'il faut être fort pour être médecin…

C'est un argument qui légitime ceux qui ont réussi. Moi je l'ai réussi le concours de première année. Aujourd'hui je ne pratique pas la médecine : je n'étais...

13 commentaires

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