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70 médecins salariés en 35 heures : le pari gagnant de la Saône-et-Loire ?

aussi que le temps de rentabilité total du projet global, lancé en 2018, est de 6 à 10 ans. 

 

Réaction à l'échelle nationale

Pour le président du département, l’investissement n’est pas rentable uniquement d’un point de vue sanitaire. En injectant autant de moyens dans la médecine, il y voit également une manière d’investir dans l’attractivité de son territoire. “Un territoire sans médecin, c’est un territoire qui perd des habitants et n’en attire pas, les entreprises ne peuvent pas recruter. Quand dans une localité il y a plus de médecins, la pharmacie ferme… Sincèrement, ce qu’on fait, ce n’est pas une folie. J’assume sans problème cet investissement que personne ne remet en question en Saône-et-Loire.”  

André Accary considère aussi qu’il n’a pas vraiment le choix de développer son centre de santé. Dépourvu de faculté de médecine sur son territoire - les plus proches étant à Lyon et Dijon - les carabins viennent donc peu faire leurs stages en Saône-et-Loire. Le département fait aussi les frais d’un numerus clausus trop faible, qui ne forme plus, aux yeux du président, assez de médecins. Enfin, il appelle à une véritable réaction à l’échelle nationale sur le modèle, l’attractivité des professions médicales. “Je pallie donc une situation complètement déséquilibrée”, résume-t-il. “Si les choses s’améliorent, s’il y a une véritable réaction à l’échelle nationale, je serais très heureux. Sincèrement, j’aimerais pouvoir fermer ce centre de santé, parce que cela voudrait dire que tout va bien. Mais ce n’est pas le cas aujourd’hui”, poursuit André Accary.  

En attendant, le président du département continue à développer son centre de santé. L’été dernier, la deuxième étape du projet a été lancée avec le recrutement de médecins spécialistes. “On ne déshabille pas Pierre pour habiller Paul. Mes recrutements sont tous faits à l’extérieur du territoire. Et je ne vole rien aux autres régions, parce que moi, on ne m’a pas demandé mon avis quand on a installé une faculté de médecine à Lyon et à Dijon”, précise-t-il, devançant les critiques. Le Dr Bontoux en est le bon exemple : après 25 ans d’exercice en libéral, elle a décidé de faire plus de 400 kilomètres pour rejoindre la Saône-et-Loire. “Preuve que j’aime mon métier”, plaisante la généraliste. A la fermeture de son cabinet de Marignane, suite à l’infarctus de son associé, essoré par le rythme de travail, elle cherchait un moyen de continuer son métier sous une autre forme. Elle tombe par hasard sur un prospectus et décide de tenter l’aventure. Après trois ans, elle ne regrette pas son choix, estimant qu’il lui a quelque part “sauvé la vie”, à une période où elle ne pouvait plus travailler en libéral. “On travaille en équipe, on maîtrise notre temps, on est dégagés des tâches administratives donc le temps de travail, c’est uniquement le patient et le temps médical. Bref, je travaille pour faire le métier que j’ai appris, pas autre chose”, conclut celle qui signera avec plaisir un nouveau contrat de trois ans avec le département.  

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