Déserts médicaux : "Il faut renforcer le couple médecin-pharmacien" | egora.fr
PUB

Vous êtes ici

A+ A-

Déserts médicaux : "Il faut renforcer le couple médecin-pharmacien"

ordonnances, nous avons 80% d'activité en moins [on a environ 10% de l'activité consacré à la dispensation de médicaments sans ordonnance et 10% consacré à la parapharmacie]. Nous sommes complètement dépendants de leur présence sur le territoire.

 

Ce couple est-il aujourd'hui en danger ?

Non, je ne crois pas. Je pense au contraire que les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) qui sortent de terre sont de nature à le renforcer.

Au début de mon exercice professionnel, il y avait quelque chose d'horrible, les enseignements post-universitaire (EPU) financés par l'industrie pharmaceutique. C'était un truc limite satanique qui nous permettait de nous retrouver, médecins et pharmaciens. On faisait près de deux soirées par mois ensemble autour de thèmes, de médicaments, mais aussi autour de prises de connaissances. On se rencontrait.

Depuis que l'industrie pharmaceutique n'a plus le droit d'organiser ces rencontres, elles n'ont pas été remplacées. Depuis la loi Bertrand, il n'y a pas une seule soirée que j'ai passé avec les médecins de Limoux, à part des rendez-vous amicaux pour l'anniversaire de l'un ou de l'autre.

La première soirée qu'on a pu refaire, c'était pour le projet de création de la CPTS qui se fera sur deux cantons. Une partie de la mission de la CPTS, c'est justement recréer le lien entre les soignants qui n'existent plus. Les pharmaciens sont habitués à travailler en groupe au sein des officines. On a envie de ça : travailler avec des médecins, des infirmiers pour améliorer le service aux patients. On est habitué à l'exercice regroupé.

 

Concrètement, à quoi ressemblera cette coopération avec les autres professionnels de santé ?

Elle permettra, par exemple, de tenir à jour les demandes des personnes qui cherchent un médecin traitant, d'organiser en commun de la permanence des soins, des soins non programmés, d'établir des protocoles etc.

Moi par exemple sur la cystite, pendant la semaine, je n'ai pas de demandes car les médecins sont ouverts. Mais le week-end, je suis le seul à être ouvert. Soit un acte de télémédecine se met en place avec quelqu'un qui me donne l'autorisation de donner de la fosfomycine, soit on me délègue cette fonction. Mais il faut bien qu'on réponde aux besoins de la population. Il faut donc s'organiser sur le territoire.

 

 

Ce sera aussi l'occasion de...

16 commentaires

D'accord, pas d'accord ?
Débattez-en avec vos confrères.

Vous n'avez pas de compte ?

Inscrivez-vous gratuitement

 

Site d’informations médicales et professionnelles,
Egora.fr s’adresse aux médecins, étudiants des facultés de médecine et professionnels de santé (infirmier, kiné, dentiste…). Nous traitons des sujets qui font le quotidien des médecins généralistes (démographie médicale, consultation, rémunération, charges, relations avec la CPAM, FMC, remplacement, annonces) et plus largement de tout ce qui concerne l’actualité santé : pathologies, médicaments, hôpital, recherche, sciences…