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Déserts médicaux : "Il faut renforcer le couple médecin-pharmacien"

nous, pharmaciens, sommes très attachés à la régulation parce que ça génère une solvabilisation de la patientèle. Quand on part à la retraite, on est à peu près sûr de la solvabilisation d'une vie de travail. Ça n'existe plus chez les médecins…

 

En 2018, en France, il y avait 32,4 officines pour 100.000 habitants. Mais combien de communes disposent de pharmacies sans généraliste à proximité ?

Sur les 35.000 communes de France, 8.000 sont dotées d'au moins une pharmacie dont 5.000 qui n'en ont qu'une. Dans ces 5.000 villes, plus de 500 n'ont pas de médecins. A l'inverse, il y a plus d'un millier de communes qui ont un médecin sans officine. De temps en temps, c'est une organisation qui est souhaitée par la population, comme dans le plateau de Sault dans l'Aude. Il y a deux bourgs, Belcaire où se trouve le cabinet médical et Espezel où se trouve la pharmacie. Ni le maire Belcaire ne veut voir partir ses médecins ni le maire d'Espezel ne veut voir fermer sa pharmacie. La population s'est donc habituée.

Mais, en général, les 500 communes dépourvues de médecins souffrent… Et pour les 1.000 médecins dans des villages sans pharmacie, cela ne doit pas être très pratique pour leurs patients. Ce couple pharmacien-médecin, du point de vue du patient, est mieux quand il est ensemble. Il faut le renforcer car le patient a besoin des deux. Une fois que le médecin a établi le traitement, le patient doit se rendre à la pharmacie pour le récupérer.

 

Lors du colloque sur l'installation organisé par MG France le 30 janvier, vous parliez déjà du couple et de l'histoire d'amour entre les généralistes et les pharmaciens. Comment peut-on expliquer ce lien ?

L'histoire d'amour commence lors de la première année qui est commune. Des jeunes qui se destinent aux métiers de la santé (médecins, dentistes, pharmaciens, sages-femmes…) ont la même première année. Les études nous séparent ensuite puisque nous avons chacun des enseignements spécifiques pour nos métiers, mais nous rassemblent de temps en temps avec notamment une cinquième année en commun. Nous sommes aussi externes pendant 1 an à l'hôpital.

 

"Sans ordonnances, nous avons 80% d'activité en moins"

 

Quand ils s'installent, les médecins et les pharmaciens vont voir leur confrère pour se présenter. Dans les territoires surtout ruraux, mais aussi dans les quartiers parisiens, le pharmacien connaît parfaitement l'ensemble des médecins généralistes qui sont autour de lui. Et inversement. La connaissance personnelle compte beaucoup. Moi, quand je reçois l'ordonnance d'un docteur ce n'est pas un nom que je lis, c'est quelqu'un que je connais très bien.

Au-delà de ça, notre métier de prescrire est imbriqué avec celui du médecin. Sans...

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