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Formations écourtées, patients autonomes… Comment les généralistes s’adaptent aux déserts médicaux ?

47% des médecins répondants ont confié avoir écourté leur temps de formation continue. Ce chiffre s'élève à 52% dans les zones sous-denses. "Ce qui a un impact direct sur la façon dont le médecin met à jour ses connaissances", déplore Bruno Ventelou.

Trois quarts des généralistes indiquent faire des journées plus longues que souhaité. Mais étonnamment, l'étude montre que les médecins qui exercent dans des zones sous dotées n'allongent pas forcément plus leurs journées que les médecins des zones à densité moyenne.

De fait, plus de la moitié des généralistes de France (54%) se voient dans l'obligation d'augmenter les délais de rendez-vous. Ils sont 61% en zone sous-dense. De fait, il n'est pas surprenant que seulement 28% d'entre eux acceptent toutes les demandes de soins non programmés (25% dans les zones sous-denses).

Un généraliste sur 2 refuse quant à lui de prendre des nouveaux patients en tant que médecin traitant. Toutefois, en zone sous-dense, les praticiens ne refusent pas davantage de nouveaux patients. 

Enfin, ils sont 40% à suivre moins fréquemment certains patients (49% en ZSD).

Rendre les patients plus autonomes

Au cours de l'enquête menée auprès de 3.000 médecins, plusieurs ajustements ont été proposés aux généralistes. 68% ont répondu qu'ils souhaitaient rendre les patients plus autonomes (70% en ZSD). "Cette stratégie va de pair avec la promotion de l'éducation thérapeutique du patient qui vise à rendre le patient plus à même de gérer sa maladie", estime Bruno Ventelou.

S'engager dans une structure coordonnée, comme les maisons de santé pluriprofessionnelles, apparaît également comme une solution privilégiée par les généralistes. En France, 37% des médecins de l'étude envisagent de le faire et en zone sous-dense, ils sont 48%. Cet attrait se remarque particulièrement chez les jeunes générations de généralistes. D'ailleurs, 56% des MG de moins de 40 ans ont été guidés dans leur choix de lieu d'installation actuel par la présence de l'offre de soins dans le secteur en général. C'est le cas pour 48% des médecins de 60 ans et plus.

Certains envisagent de s'installer dans un autre territoire, surtout les médecins exerçant dans des zones sous-denses (18%). Peu de généralistes se sont dits prêts à "quitter la médecine générale" (9% et 13% en ZSD).

Source : DRESS

*Le Panel d'observation des pratiques et conditions d'exercice en médecine générale est une enquête multipartenariale dont la 4e édition s'est déroulée entre octobre 2018 et avril 2019, par Internet et par téléphone, auprès de plus de 3.000 médecins représentatifs de l'ensemble des médecins généralistes libéraux.

**Un territoire est considéré comme sous-dense lorsque sa population fait partie des 10% de la population française ayant l'accessibilité au médecin généraliste la plus faible (selon l'indicateur d'accessibilité potentielle localisée, APL).

 

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