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Déserts médicaux : quand les médecins retraités volent à la rescousse

nous sommes le pilier de départ", soutient-il. Le modèle ne séduirait pas en raison notamment de l’absence d’aide pour la protection sociale (90 jours de carence) ou encore, les charges administratives.

"Les assistants médicaux pourraient être une bonne solution mais la subvention est dégressive, regrette le Dr Galliot. En plus, la Cnam demande aux médecins d’augmenter leur nombre de patients en faisant des consultations de dix minutes. Qu’advient-il de la qualité ?"

Installé à Chevilly-Larue (Val-de-Marne) en 1951, le Dr Christian Chenay, 97 ans, en cumul activité-retraite, pense aujourd’hui cesser sa pratique, les contraintes financières étant trop nombreuses. Il n’a pas pour autant trouvé de repreneurs : "Il y a encore trois ans, nous étions douze médecins, rapporte-t-il. Neuf sont partis sans trouver de successeurs. Des jeunes praticiens sont venus à mon cabinet. Ils ont regardé ma feuille d’impôts, ma façon de travailler, et ont constaté que, certes, j’avais des cas intéressants avec la prise en charge de personnes atteintes du sida, de maladies pulmonaires, de scléroses en plaques... Mais l’activité n’est pas rentable." Ils ont préféré s’installer dans la commune voisine, qui a créé une zone franche urbaine. Ce qui signifie une exonération d’impôt sous certaines conditions.

 

Pour une contrainte à l’exercice en milieu rural ?

"Si une mesure simple pour régler le problème de la démographie existait, elle aurait déjà été mise en œuvre, indique le Dr Simon. La régulation de l’installation proposée par certains a échoué dans les pays où elle a été mise en œuvre et risque d’avoir des effets contre-productifs. Elle n’a pas la faveur du Cnom." Néanmoins, les mesures d’encouragement à l’installation, de coopération interprofessionnelle et d’organisation ne suffisent pas. "Nous ne pouvons pas être très optimistes à court terme mais nous allons assister à une inflexion de la tendance dans les années à venir", poursuit-il.

Il faut, selon lui, anticiper et évaluer les besoins en médecins généralistes mais aussi en spécialistes de second recours "dont le nombre risque de diminuer sérieusement dans certaines spécialités lorsqu’auront cessé d’exercer, entre 2025 et 2030, les spécialistes formés par la voie du certificat d’études spécialisées". "Les élus, les pouvoirs publics, les doyens, doivent prendre conscience que les jeunes ne vont s’installer que dans les territoires qu’ils connaissent, souligne le médecin. Si l’on veut reconquérir ces territoires, il est impératif que les étudiants, dès leur second cycle, puissent y effectuer des stages en médecine ambulatoire et à l’hôpital."

Pour cela, des mesures doivent être prises tant au niveau de l’organisation universitaire que des conditions de transport, d’accueil et d’hébergement des étudiants en médecine et, au-delà, des autres professions de santé.

Le Dr Laine est à l’origine d’une pétition dans laquelle il demande que les jeunes médecins généralistes soient contraints...

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