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Déserts médicaux : quand les médecins retraités volent à la rescousse

est très impliqué et qu’il ne trouve pas de repreneur pour sa patientèle, souligne le Dr Decalf. Son objectif va donc être de réduire son activité pour partir en douceur, à la fois pour lui et pour ses patients." Il estime néanmoins qu’il n’est pas logique de vouloir combler une pénurie de médecins en faisant appel à des praticiens plus âgés.

"Si les médecins adhèrent au dispositif du cumul, ils le font pour des raisons variées allant de la convenance personnelle (il est en forme, il aime son métier, il travaille dans de bonnes conditions, il n’a pas envie de s’arrêter), à une quasi-contrainte car il n’a pas de successeur, et qu’il ne peut pas, moralement, abandonner les patients qui lui ont fait confiance pendant des années", renchérit le Dr François Simon, président de la section Exercice professionnel, au Conseil national de l’Ordre des médecins (Cnom).

Le Dr Gérald Galliot reconnaît, pour sa part, qu’il ne se voyait pas cesser sa pratique du jour au lendemain. Mais il a dû passer "un deal" avec sa famille : réduire de moitié son temps de travail à 2,5 jours par semaine depuis juillet 2017. Il regrette néanmoins que la politique actuelle n’incite pas les jeunes à s’implanter. "On arrive à trouver des remplaçants, mais ils ne veulent pas s’installer, notamment parce qu’ils ont de nombreux avantages, dénonce-t-il. Ils touchent 75 % du chiffre d’affaires et n’ont pas de charge de cabinet à payer." Ce dernier plaide ainsi pour une valorisation de l’exercice libéral afin d’éviter que les jeunes praticiens s’orientent dans d’autres voies.

L'impossible chasse aux jeunes

Le Dr Patrick Laine, médecin généraliste depuis trente-cinq ans à Saulnot (Haute-Saône), est également confronté au problème de remplaçants peu désireux de s’installer. Il a tout essayé pour trouver un successeur, allant jusqu’à diffuser une annonce sur le site Leboncoin.fr, pour céder gratuitement sa patientèle. Mais personne ne s’est manifesté : "À 69 ans, je suis partagé entre le désir d’arrêter ma pratique et de passer à autre chose, et l’impossibilité d’abandonner mes patients notamment âgés. Cette responsabilité me fait continuer. Je ne veux pas à me contraindre à les abandonner."

Le Dr Laine, qui n’a pas encore liquidé sa retraite, déplore, lui aussi, qu’on ne fasse pas assez la promotion de la médecine générale, un mode d’exercice qu’il défend plus que tout. "Nous sommes le parent pauvre de la médecine alors que...

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