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"Ils ne vont pas me faire plier" : face aux barrages et aux saccages, les médecins de Martinique revendiquent le droit de soigner

à la mise en place d'une mission de médiation et au recul de la date butoir au 31 décembre, s'est muée, comme en Guadeloupe, en une violente révolte sociale. Une crise qui met en danger la vie des soignants et la santé des Martiniquais, pourtant déjà bien éprouvée par la quatrième vague de Covid. "On a eu 1300 morts sur l'île. Rapportés à la population de la métropole, ça ferait 250 000 morts, souligne Anne Criquet-Hayot. L'incidence est toujours à 165."

En raison des barrages routiers, soignants et patients peinent à se rendre sur les lieux de soins. Ils sont parfois victimes d'"extorsions", quand ils ne sont pas complètement bloqués. "Un chirurgien, malgré son caducée, a été refusé au barrage, mentionne la présidente de l'URPS. Hier [lundi, NDLR], une collègue radiologue m'a appelée pour me dire qu'on lui avait refusé l'accès à son cabinet." SOS médecins a interrompu ses visites à domicile. Les médecins libéraux effectuant des gardes au Samu ou en maison médicale de garde sont "terrorisés", "paniqués" à l'idée de tomber sur un barrage en regagnant leur domicile en pleine nuit.

Quant au CHU, faute d'effectifs suffisants parvenant sur les lieux, il est en service minimal, n'assurant que "l'extrême urgence", rapporte la présidente de l'URPS. "Les ambulances sont fouillées, le personnel est racketté aux barrages et les médecins sont insultés, voire agressés comme une de nos internes, relate un remplaçant dans un témoignage transmis à Egora par le Dr Jean-Paul Hamon. Nous n'avons pas pu administrer un tiers des chimiothérapies prévues." "Il y a une perte de chance majeure pour la population martiniquaise, qui est prise en otage", alerte Anne Criquet-Hayot, évoquant des retards de dialyse ou des traitements par insuline compromis par les difficultés rencontrées par les infirmières libérales pour se rendre au domicile des patients.

 

Plus de gardes

Les médecins font-ils les frais de leur engagement en faveur de la vaccination contre le Covid? D'après les derniers chiffres fournis par le ministère, 80.2% des libéraux martiniquais sont complètement vaccinés (Anne Chriquet-Hayot évoque un taux de 95% pour les médecins) contre 33% de la population. Mais pour la présidente de l'URPS, "ces actes de vandalisme n'ont rien à voir avec les revendications syndicales". "Là on n'est pas dans le débat de la vaccination, on est dans le débat de l'accès aux soins de la population", insiste-t-elle. "Il n'y a pas de tensions avec les patients, nous assure de son côté le Dr Thimon. Je n'ai jamais caché mon point de vue sur la vaccination. Je suis vacciné, quand les patients me demandent mon avis, je ne peux pas leur dire 'ne vous faites pas vacciner'. Est-ce que ça vient de là ou pas, je n'en sais rien. Il faut...

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