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"Mépris" pour les généralistes, rémunération trop faible : sur le terrain, le Service d'accès aux soins divise les médecins

pour l’accès aux soins des Français.” Le président du Samu se veut quant à lui plus optimiste. “Il y a des SAS qui sont bien avancés”, nuance-t-il, citant ceux de Metz, Lille, Poitiers, Rennes, ou encore Lyon (voir encadré). “Il est vrai qu’il y a des endroits où on a beaucoup de mal à trouver des effecteurs mais il y a des réflexions”, comme la téléconsultation. Côté régulation, “cela fonctionne très bien, avec un décroché très rapide par un assistant de régulation médicale en moins de 30 secondes”. 

Si chacun des acteurs du Service d’accès aux soins défend naturellement ses intérêts, tous s’accordent pour dire qu’un tel dispositif est indispensable. “Alors qu’on pensait que la crise estivale des services d’urgences [dans de nombreux départements, des services d’urgence ont fermé la nuit faute de médecins disponibles, NDLR] était une crise conjoncturelle, on s’est rendu compte qu’elle était structurelle”, ajoute-t-il. “60 gardes sont non pourvues dans les trois services d’urgence de mon département.” Une prise en charge des soins non programmés partagée entre la Ville et l’Hôpital s’avère ainsi de plus en plus nécessaire. D’autant que, appuie le président de MG France, “on sait que deux tiers des appels qui arrivent aux Centres 15 relèvent de la médecine de ville”. 

Pour l’heure, “on n’a pas encore l’effet de diminution de la fréquentation des urgences, indique le président du Samu France. C’est normal : on n’a pas fait de publicité sur les SAS.” 

Au-delà de la possibilité d'offrir une alternative à la fréquentation des urgences, le Dr Battistoni voit dans le SAS un moyen de donner de la visibilité à la médecine de ville. Si les généralistes ont conscience de leur responsabilité professionnelle vis-à-vis de leurs patients, le SAS doit leur permettre d’assumer leur “responsabilité collective” vis-à-vis de la population du territoire sur lequel ils exercent, juge le président de MG France. Il est de fait impératif selon lui de “tirer les leçons” des expérimentations pour mettre sur pied un dispositif efficace. “L’idée, c’est qu’on valide une boîte à outils avec des grands principes, dans laquelle on pourra piocher. Il ne faut pas imposer un modèle”, avance le Dr Braun, qui a pu observer quelques points animosités entre les acteurs, chacun devant trouver sa place.  

De son côté, la Cnam se dit “très optimiste” sur une généralisation prochaine et juge les rémunérations actées dans l’avenant 9 “quand même importantes”, reconnaissant néanmoins qu’il y a “encore des choses à stabiliser”. Le Dr Le Liboux prévient toutefois : il va falloir que le Gouvernement lâche “des billes” s’il veut que les médecins s’investissent. “Sans les médecins généralistes, il n’y aura pas de SAS.” D’autres sujets épineux demeurent par ailleurs dans le brouillard, comme la mise en place d’un numéro unique de régulation médicale. “C’est un dossier qui n’avance pas, chaud, conflictuel entre les rouges et les blancs, les pompiers et le Samu, et le Gouvernement se garde bien de trancher”, regrette le Dr Battistoni, qui plaide pour un numéro spécifique aux soins ambulatoires, le 116-117. Le chemin s’annonce long et périlleux. 

*Avec prise en charge des cotisations sociales pour les médecins de secteur 1. 

 

Le SAS du Rhône : un projet à maturité 
]Expérimenté depuis le 1er février 2021, date à partir de laquelle les régulateurs ont reçu les premiers appels, le Service d’accès aux soins du Rhône arrive aujourd’hui “à maturité”, assure le Dr Jean Tafazzoli, généraliste à La Tour-de-Salvagny et secrétaire général de l’URPS-ML Auvergne-Rhône-Alpes, qui a mené de front le projet avec les Hospices civils de Lyon. En moyenne, le SAS 69 a reçu “environ 45.000 appels par mois depuis février dernier”. “On a réussi à basculer 60% des appels reçus sur les différents numéros vers les effecteurs de ville (maisons médicales de garde, SOS médecins, cliniques…).” Tous les acteurs ambulatoires ont été réunis au sein d’une même association, SASLIB69, afin de faciliter l’organisation et d’absorber de nouveaux effecteurs. Quelques points restent à améliorer, notamment l’intégration des généralistes dans le dispositif. “On est bridés par le manque d’outils car ceux développés pour l’expérimentation ne s’interfacent pas avec tous les éditeurs de logiciel.” Mais la plateforme nationale qui doit être déployée prochainement devrait faciliter leur participation. Le 28 septembre, l’URPS ML et les HCL signeront la convention officialisant le fonctionnement de leur SAS et la gouvernance partagée. “Un SAS qui fonctionne est un SAS où tous les acteurs s’entendent”, conclut le généraliste, enthousiaste.
Par L.C. 
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