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Chefs absents, racisme, burn out… un interne se lâche en BD [EXTRAITS]

se repose énormément sur l'interne puisque de son temps c'était comme ça. Et le chef plutôt jeune qui est un peu plus présent.

Cette anecdote elle est vraie. En sortant de garde, il me lance "fatigué, le petit jeune?". Forcément, j'ai passé une nuit blanche pendant que lui faisait dodo…

 

C'est le type de chefs qui cherchent à avoir de l'avancement à l'hôpital, à gravir les échelons. Ce que je trouve dommage, c'est qu'aujourd'hui pour progresser à l'hôpital il faut se désintéresser des patients et publier des études. Il y en a qui arrivent à faire un peu les deux… Mais le fait de bien soigner -de soigner tout court- les patients, n'est pas valorisé. Si on veut devenir professeur, il faut s'enfermer dans son bureau à remplir des tableaux et écrire des articles. Les plus hauts gradés de l'hôpital sont ceux qui soignent le moins. Chaque fois qu'un patient nous dit "je veux être soigné par le Pr Charon", ça nous fait un peu rigoler : il voit un patient par mois, le reste du temps il fait ses études… A côté de ça, il y a le chef de clinique qui est au taquet, qui est limite plus compétent, mais non. C'est comme les patients qui refusent que leur ponction lombaire soit faite par un interne, mais qui veulent le Professeur. Il n'a pas dû en faire depuis 20 ans, alors que moi j'en fais tous les jours…

 

Vous dénoncez aussi les restrictions budgétaires. Un pied de nez aux directeurs qui vous ont menacés, vous et votre éditeur ?

C'était suite à un dessin dans lequel j'explique comment négocier pour obtenir un nouvel électrocardiogramme. Il ne faut pas dire "ça va sauver des vies", mais "ça va vous rapporter plus d'argent". Ça, c'est du vécu : c'est ma chef qui me l'a raconté. Pour être entendu, il faut dire "regardez : on va pouvoir coter plus d'actes". Après avoir posté ce dessin sur les réseaux, on m'a traité de "connard", de "petite merde" sur Twitter – alors qu'un directeur d'hôpital est censé avoir une certaine retenue… Ils ont tagué mon éditeur de l'époque, mes partenaires -une mutuelle- en leur disant "vous cautionnez ce genre de choses ? Je vais vous boycotter et demander à mes collègues de le faire également". Je me suis dit, "là, j'ai touché un point sensible"…

Dans la France de Charlie, on accepte l'humour mais pas quand on se moque de vous. Clairement, les directeurs d'hôpitaux sont ceux qui manquent le plus d'humour sur internet. Chaque fois que je fais une remarque sur la manière dont sont gérés les hôpitaux -avec des tableurs Excell, colonnes dépenses/bénéfices- tout de suite j'ai des insultes, des menaces.

 

D'où l'importance de garder votre anonymat…

C'est clair! Par le passé, j'ai déjà eu un chef de service qui, voyant un de mes dessins, avait dit...

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