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Moi médecin, j'arrête mes patients quand ils souffrent au travail

pouvait reprendre le travail . Mme K. qui marche avec une canne pense que non. Moi je pense que si Mme K. qui a 50 ans, a élevé 8 enfants ,que je connais mal mais qui me semble être une femme courageuse, juge que en dépit de sa situation financière très précaire elle ne peut pas reprendre le travail,c’est qu’elle ne peut pas. Je fais donc une lettre au médecin du travail qui va la voir en visite de reprise en lui exposant la situation. Celui -ci juge Mme K. inapte à son poste et en l’absence de reclassement possible,Mme K va donc être licenciée pour inaptitude. Je suggère donc à Mme K. de demander à revoir le médecin conseil et fais une lettre à celui-ci pour demander d’envisager une mise en invalidité. Parallèlement, je demande à Mme K. d’aller chercher un dossier MDPH pour faire une demande de RQTH qui lui permettra peut-être d’accéder à des formations (il aurait fallu cependant remplir ce dossier il y a un an vu les délais de traitement).

Je vois Mr C. qui n’est pas mon patient mais qui avait vu mon interne pour un accident de travail avec rupture tendineuse de l’épaule et était en souffrance psychologique au travail. Il tenait à faire une déclaration de maladie professionnelle. Ses deux épaules sont abîmées. Je lui avais expliqué les avantages et inconvénients. Il me semblait que ce n’était pas bénéfique dans son cas. Je le revois pour reprise du travail. La déclaration de maladie professionnelle a été faite. Il en est content. La reconnaissance psychologique est très importante pour le patient. Et il faut en tenir compte.

Par rapport à mon billet d’il y a 3 ans, je constate que justement j’ai revu Mme P. qui était en grande souffrance au travail (dans une grande surface ).Une grossesse et un congé parental lui ont permis de réfléchir. Elle en train de faire grâce au FONGECIF une formation de secrétaire médicale et est ravie.

Et je me dis que tien,cela n’est pas bon signe, cela fait quelques semaines que je n’ai pas revu Mr B. qui reste toujours un patient qui m’est cher et qui a un problème d’addiction au travail. On essaie de travailler là dessus et sur plein d’autres choses mais le travail est long, et je ne pense pas que je sois capable de l’aider assez à moi toute seule, mais bon comme c’est moi qu’il vient voir…Une victoire, il n’a été travaillé qu’une seule journée lors du dernier arrêt de travail que je lui ai fait accepter .

Et Mr C. n’a toujours pas ses papiers et la vie est toujours aussi difficile pour lui.Il fait toujours des petits boulots au noir de temps en temps pour lesquels il est exploité.

Mme O. prend toujours le RER de 4h30 tous les matins …

Je constate donc que les problèmes sont toujours les mêmes et ne vont pas en s’arrangeant.

Ce que je constate, c’est qu’une prise en charge médicale adaptée, cela change tout pour les patients.

La première chose importante, c’est de consulter!!! Quand ça ne va pas et pourtant peu de patients y pensent.

Pour une rhino, ça oui ils y pensent. Et du coup il leur semble légitime de demander un arrêt de travail puisqu’ils ont un problème médical. Et que ça tombe bien puisque par ailleurs,ils n’en peuvent plus. Mais du coup ça donne des...

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