Cancer prostatique : remise en cause du rôle de la testostérone | egora.fr
PUB

Vous êtes ici

A+ A-

Cancer prostatique : remise en cause du rôle de la testostérone

la "surveillance active" reposant sur des examens réguliers (dosages de PSA, toucher rectal, biopsies) pour les hommes atteints d'un cancer localisé non agressif. Ces résultats sont d’autant plus importants que traitements anti-hormonaux (castration chirurgicale ou médicale) ont un impact important sur le pronostic : selon les auteurs de l’hôpital Foch, "il est admis que la mortalité induite par ces traitements est au moins équivalente à celle du cancer lui-même". Selon eux, la prescription de testostérone pourrait même être effectuée en cas de cancer localisé, chez les patients hypogonadiques, pour améliorer le pronostic.

La deuxième conséquence porte sur l’indication de la supplémentation en testostérone des troubles liés à un hypogonadisme. En effet jusqu’à présent cette prescription n’était autorisée qu’en cas de déficit congénital. Or, pour les auteurs de l’étude, de nombreux patients verraient leur qualité de vie s’améliorer avec une supplémentation : sujets obèses (50% des patients obèses sont hypogonadiques), diabétiques (33% des diabétiques de type 2 sont hypogonadiques), ou présentant un déficit androgénique lié à l’âge (Dala)… Selon les chercheurs, la testostérone pourrait être prescrite dans ces situations, après élimination d’un cancer de la prostate.

Enfin dernier apport d’Androcan : l’étude démontre l’importance de doser la testostérone mais aussi la testostérone bio-disponible pour le diagnostic d’un hypoganadisme. En effet, sans ces 2 dosages, "on méconnait 50% d’hypogonadisme" affirment les auteurs.

Dans une nouvelle phase de l'étude, qui sera lancée cette année, Henry Botto, un des auteurs, entend démontrer que l'apport de testostérone après une ablation de la prostate n'augmente pas non plus le risque de récidive du cancer.

Le cancer prostatique est le plus fréquent des cancers en France (16% des cas incidents de l’ensemble des cancers), et le plus fréquent des cancers de l’homme (26%), avec près de 57 000 nouveaux cas/an (2012). Il est responsable plus de près de 9000 décès (2012).

Sources : 

Dossier de presse de l’hôpital Foch sur Androcan. Hormones et cancer, 8 octobre 2018. Avec AFP

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/30293206

4 commentaires

D'accord, pas d'accord ?
Débattez-en avec vos confrères.

Vous n'avez pas de compte ?

Inscrivez-vous gratuitement

 

Site d’informations médicales et professionnelles,
Egora.fr s’adresse aux médecins, étudiants des facultés de médecine et professionnels de santé (infirmier, kiné, dentiste…). Nous traitons des sujets qui font le quotidien des médecins généralistes (démographie médicale, consultation, rémunération, charges, relations avec la CPAM, FMC, remplacement, annonces) et plus largement de tout ce qui concerne l’actualité santé : pathologies, médicaments, hôpital, recherche, sciences…