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Spondyloarthrites axiales : les anti-IL17 à l’honneur

[CONGRES DE L'EULAR] Après les inhibiteurs de l’IL17A, des anti-IL17F se développent ainsi que des inhibiteurs bispécifiques, et des inhibiteurs du récepteur de cette interleukine.

"L’actualité de l’Eular 2019 était orientée, dans les spondyloarthrites axiales, sur les inhibiteurs de l’interleukine 17", a expliqué le Pr Thao Pham (CHU Sainte Marguerite, Marseille). Deux inhibiteurs de l’IL17A, le sécukinumab et l’ixékizumab, ont déjà démontré une efficacité intéressante dans cette affection. Cependant, l’IL17F interagit aussi avec ce récepteur de l’IL17A, "ce qui fait que cette voie d’inhibition n’est pas totalement bloquée par ces biomédicaments".

La nouveauté vient aujourd’hui de l’arrivée d’inhibiteurs bispécifiques, à la fois actifs contre l’IL17A et l’IL17F comme le bimékizumab. "Ce qui laisse espérer sur le plan théorique une efficacité plus complète du fait d’un blocage total du récepteur." Si une étude de phase 2, présentée à l’automne 2018 lors du congrès de l’American College of Rheumatology, a révélé que le bimékizumab est efficace contre placebo (avec une activité retrouvée à toutes les doses testées et une réponse ASAS 40 à la 12e semaine de 45 à 46 % aux posologies de 160 ou 320 mg), "rien ne prouve cependant encore que ce nouveau biomédicament ait en clinique des performances supérieures aux anti-IL17 spécifiques déjà disponibles", indique le Pr Pham.

Des inhibiteurs des récepteurs de l’IL17 sont aussi développés, comme le brodalumab. "Il pourrait être intéressant de disposer à la fois de molécules bloquant les interleukines et leurs récepteurs, car leurs effets pourraient différer."

Des MICI ont été observées sous anti- IL17. "Ces événements sont cependant rares", fait remarquer le Pr Pham. On n’est pas certain, de plus, qu’il s’agisse d’une relation causale. "En effet, comme les anti-IL17A ne sont pas efficaces dans les MICI, on ne peut écarter la possibilité que la prévalence des poussées de MICI observées sous traitement anti-IL17 corresponde à celle de l’évolution naturelle des spondyloarthrites axiales. On pourra répondre à cette question quand les données de phase 4 se seront étoffées." Cette donnée conduit, quoi qu’il en soit, à sélectionner des patients sans signe évoquant une MICI active avant traitement par anti-IL17.

Pour des raisons encore inexpliquées, les inihibiteurs de l’IL23 ne semblent pas agir dans les spondyloarthrites axiales alors qu’ils sont actifs dans le rhumatisme psoriasique, "une spondyloarthrite périphérique". Des travaux devront être entrepris pour comprendre ces variations de réponse dans les différents phénotypes de spondyloarthrite.

"Enfin, les inhibiteurs de JAK représentent probablement une piste thérapeutique intéressante dans les spondyloarthrites axiales, l’étude Tortuga publiée en 2018 ayant rapporté une efficacité supérieure au placebo du filgotinib", signale le Pr Pham.

Sources : 
D’après un entretien avec le Pr Thao Pham (Marseille), à l’occasion du Congrès de la Ligue européenne contre les rhumatismes (Eular, Madrid du 12 au 15 juin 2019).

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