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Ostéoporose : la faillite de la prise en charge

Alors que la prise en charge de l’ostéoporose avait beaucoup progressé grâce à l’arrivée de nouveaux médicaments à visée anti-ostéoporotique au cours des années 1990 et 2000, elle s’est dégradée à partir du milieu des années 2000, avec actuellement moins de 15% des patients français ayant eu une fracture de fragilité (et donc tout particulièrement à risque de nouvelle fracture) recevant un traitement à visée ostéoporotique.

La prise en charge de l’ostéoporose aujourd’hui en France est catastrophique. Comme l’a souligné le Dr Laurent Grange, médecin rhumatologue au CHU de Grenoble Alpes et Président de l’Aflar (Association française de lutte anti-rhumatismale), lors d’une conférence de presse le 17 octobre au Sénat, le nombre de patients traités est passé, entre 2010 et 2014, de 1 100 000 à 800 000 en 4 ans; soit une diminution de 380 000 patients traités (données Gers CM12). L’ostéoporose est une maladie sous-diagnostiquée et sous-traitée : les patients la considèrent comme une conséquence naturelle du vieillissement et sa prise en charge par les médecins ne cesse de baisser depuis 10 ans. Si ce déficit perdure, on devra affronter dans les années à venir un "tsunami" de fractures, essentiellement du col du fémur et vertébrales. Ce constat est d’autant plus inquiétant que même après une 1ère fracture, les malades ne sont pas assez suivis: 51% des patients ne revoient aucun médecin dans le mois qui suit leur hospitalisation et seuls 15% des patients font l’objet d’un traitement. Par conséquent, 29% sont réhospitalisés pour rechute. Et en cas de deuxième rechute, ce sont 20% des patients qui en meurent.

C’est pour faire face à ce déni général de la réalité de la maladie que l’Aflar et l’Alliance nationale contre l’ostéoporose ont organisé les Etats généraux contre l’ostéoporose avec dix journées d’échanges et de débats regroupant patients et professionnels de santé dans dix villes en France. Les propositions recueillies lors des 10 tables rondes ont été compilées et validées lors d’une réunion du comité de pilotage des Etats généraux, qui s’est tenue à Paris le 6 juillet 2017.  

La 1ère phase de ces Etats généraux a été d’identifier par une vaste enquête les attentes et les besoins des patients et des médecins généralistes sur la prise en charge de l’ostéoporose. D’octobre 2016 à juin 2017, 417 patients directement concernés par l’ostéoporose (94% de femmes, 6% d’hommes) ont répondu aux questions qui leur étaient posées sur le site de l’Aflar. Parmi ces répondantes, 70% étaient âgées de 50 à 69 ans au moment de l’enquête, 20% avaient moins de 50 ans et 1/3 exerçaient encore une activité professionnelle. "Preuve, s’il en fallait, que l’ostéoporose n’est pas la maladie de vieux...

Sources : 

Livre Blanc des Etats Généraux de l’Ostéoporose consultable sur le site www.aflar.org

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