Médecine : les grands enjeux qui vont marquer 2018 | egora.fr
PUB

Vous êtes ici

A+ A-

Médecine : les grands enjeux qui vont marquer 2018

 

Maladie rénale chronique : dépister plus précocement

Un patient sur trois atteints d’une maladie rénale chronique est diagnostiqué au stade terminal.

De par sa forte prévalence, la gravité de son évolution et ses comorbidités, la maladie rénale chronique (MRC), définie par la présence d’une insuffisance rénale chronique durant plus de trois mois, constitue un défi pour la société. On considère actuellement que 10 % de la population adulte est concernée, soit environ 3 millions de personnes. Fin 2014, près de 80 000 malades étaient traités pour une insuffisance rénale chronique terminale dont 56 % par dialyse et 44 % par greffe rénale. Et avec près de 11 000 nouveaux patients traités en 2014, l’incidence de l’insuffisance rénale terminale est en augmentation, de 2 % par rapport à l’année précédente, témoignant d’un sous- diagnostic. Au niveau mondial, la MRC est responsable de 1 million de décès en 2013, en hausse de 135 % depuis 1990. Le défi est sociétal, car la MRC touche principalement les personnes âgées (1 patient sur 2 a plus de 70 ans), mais aussi financier. On estime en effet son coût à 2 % des frais de la Sécurité sociale.

Sur le plan médical, la MRC est marquée par la fréquence de sa découverte tardive, avec une entrée en dialyse de façon non programmée pour près d’un patient sur trois. Les risques évolutifs sont majeurs, avec une mortalité générale, cardiovasculaire et de défaillance rénale, qui augmente avec la baisse du débit de filtration glomérulaire (DFG). En outre, le pronostic de l’ensemble des maladies aiguës ou chroniques est moins favorable en présence d’une MRC.

Cibler les sujets à risque

Le dépistage apparaît donc fondamental. Pour diminuer la progression et les complications liées à la maladie, la Haute Autorité de santé (HAS) le recommande chez tous les sujets à risque (diabète, hypertension artérielle, âge supérieur à 60 ans, obésité…) ou en cas de survenue d’une insuffisance rénale aiguë, par un dosage annuel de la créatininémie avec estimation du DFG par la formule du CKD-EPI (Chronic Kidney Disease-Epidemiology) et un dosage de l’albuminurie réalisé sur un échantillon urinaire et exprimé sous la forme d’un rapport  albuminurie-créatininurie. Il s’agit ensuite d’évaluer le degré d’urgence et d’évolutivité de la MRC : caractère aigu, rapidement progressif ou chronique de l’altération du DFG. Cela se fera à l’aide des éléments de contexte et anamnestiques, ainsi que des critères radiologiques (échographie, scanner) et biologiques.

Le rôle du médecin généraliste est primordial pour la prévention secondaire, consistant à ralentir la progression de la MRC et à prévenir ou corriger ses complications, de façon à retarder au maximum l’échéance des traitements de suppléance. L’éducation thérapeutique du patient est fondée sur la notion de risque évolutif, et l’acceptation d’un traitement au long cours, même si la MRC peut rester longtemps asymptomatique.

D'accord, pas d'accord ?
Débattez-en avec vos confrères.

Vous n'avez pas de compte ?

Inscrivez-vous gratuitement

 

Site d’informations médicales et professionnelles,
Egora.fr s’adresse aux médecins, étudiants des facultés de médecine et professionnels de santé (infirmier, kiné, dentiste…). Nous traitons des sujets qui font le quotidien des médecins généralistes (démographie médicale, consultation, rémunération, charges, relations avec la CPAM, FMC, remplacement, annonces) et plus largement de tout ce qui concerne l’actualité santé : pathologies, médicaments, hôpital, recherche, sciences…