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Médecine : les grands enjeux qui vont marquer 2018

 

Diabète : vaccins à l’essai

Un vaccin thérapeutique contre le DT2 ciblant le microbiote et un vaccin oral en prévention du DT1 sont en cours d’étude par des équipes françaises.

Le diabète de type 2 (DT2) progresse depuis plus de cinq décennies de manière pandémique dans le monde. Une origine infectieuse a été soupçonnée, et ces dernières années ont permis la découverte des rôles joués par le microbiote intestinal. Intervenant à l’Académie nationale de médecine lors d’un colloque consacré au diabète, le 14 novembre dernier, Rémy Burcelin (Inserm 1048, Toulouse) a expliqué que « l’écologie du microbiote intestinal des patients diabétiques de type 2 était différente de celle des non-diabétiques. Les proportions de certaines familles bactériennes, notamment le s Proteobacteriaceae, étaient augmentées. Ces bactéries libèrent une grande quantité de lipopolysaccharides [LPS] issus de leur paroi ». Les chercheurs ont également découvert que, en plus de l’absorption des LPS, des bactéries entières pouvaient transloquer de la lumière intestinale vers les tissus de l’organisme, créant une réaction inflammatoire et altérant la fonction immunitaire. L’équipe de Rémy Burcelin a utilisé chez la souris saine des extraits de ces bactéries dans une stratégie de vaccination quarante-cinq jours avant de l’alimenter avec un régime riche en gras fortement diabétogène. « Dans ces conditions, les souris “vaccinées” étaient dès lors grandement protégées contre le développement du diabète de type 2 », souligne Rémy Burcelin. Des essais de vaccination thérapeutique concernant des souris déjà atteintes de DT2 ont montré des résultats prometteurs. Une simple injection pourrait alors permettre de réduire l’intensité du diabète pour plusieurs années.

Dans le diabète de type 1 (DT1), des efforts considérables sont investis dans le développement de traitements immunologiques visant à corriger la maladie auto- immune sous-jacente, et là aussi les stratégies de vaccination sont particulièrement explorées. Comme l’explique Roberto Mallone (Inserm U1016, institut Cochin, AP-HP, hôpital Cochin), « il s’agit en réalité d’une sorte de “contre-vaccination”, visant à neutraliser plutôt qu’à renforcer la réponse immunitaire pathologique du DT1 ». Il s’agit d’administrer les antigènes cibles de la réaction auto-immune, en particulier l’insuline, dans une forme qui puisse rétablir la tolérance immunitaire. L’objectif de ces vaccinations doit être de prévenir l’auto- immunité elle-même plutôt que l’hyperglycémie survenant plus tardivement. Un essai de phase I, l’essai Pre-point, a montré qu’une administration orale d’insuline à forte dose induit des modifications immunitaires compatibles avec un bénéfice thérapeutique sur le long terme. Des essais de phase II-III sont en cours de lancement.

 

Microbiote : de grandes promesses >>>...

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