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Dépression : une prise en charge insuffisante en amont de l’hospitalisation

Une étude met en évidence la fréquence des hospitalisations en urgence pour dépression, mais aussi l’absence de soins spécialisés et de traitement en amont.

La dépression en France constitue un problème majeur. En effet, de nombreuses données suggèrent qu’une proportion importante de personnes souffrant de symptôme dépressif n’accèdent pas à une consultation spécialisée ou un traitement adapté. Et quand il est prescrit, les recommandations concernant la durée du traitement ne sont souvent pas bien suivies. Or, la France se situe parmi les pays européens ayant des taux élevés de suicides, avec 16,2 suicides pour 100 000 habitants, contre 10,2 en moyenne pour les pays de l’Union européenne. L’Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes) a donc voulu compéter les données disponibles dans ce domaine de façon à identifier les leviers sur lesquels il est possible d’agir pour améliorer la situation. Les auteurs de l’étude se sont intéressés particulièrement à l’amont du séjour hospitalier. Ils rappellent que, selon l’Enquête santé européenne (Ehis-Esps), la prévalence de la dépression en France est estimée à 7 %, soit près de 4 millions de personnes âgées de 15 ans ou plus.

Les données proviennent essentiellement des établissements de santé (Sniiram appariées aux données hospitalières). Elles montrent qu’en 2012-2013, 200 000 primo-hospitalisations pour un épisode dépressif ont été recensées dans les établissements de santé. Cet épisode reste isolé dans un cas sur deux ; les récurrences survenant dans les 2 à 3 ans, dans 35% des cas.

La classification de ces épisodes hospitaliers permet de mettre en avant l’importance des séjours pour dépression qui sont réalisés dans un service de médecine, et non en psychiatrie, souvent de manière "non programmée". Lorsque le séjour est réalisé principalement en psychiatrie, il apparaît davantage "programmé". En outre, plus d’un patient primo-hospitalisé sur 10 (11%) n’a pas eu de suivi en ambulatoire avant cet épisode hospitalier. "Cette absence de recours ambulatoire est plus fréquente chez les hommes (16 % versus 9 % des femmes), chez les personnes bénéficiant de la CMU-C (13 % versus 9 %) et chez les patients les plus jeunes (plus de 20 % des moins de 25 ans n’ont pas eu de suivi et 15 % des 26-34 ans, versus moins de 10 % aux âges supérieurs)", précisent les auteurs de l’étude.

Le médecin généraliste apparait au cours de la prise en charge. Ainsi, pour 58 % des "primo-hospitalisés", le médecin généraliste a été le seul médecin consulté, quel que soit le motif de consultation. Ce recours exclusif au médecin généraliste s'est accompagné d’une délivrance d’antidépresseurs dans 30% des cas (dont 25 % en association avec un anxiolytique et un hypnotique) et pour 14 % d'une délivrance d'anxiolytiques ou d'hypnotiques exclusivement. Au total, 54% des patients ont eu une délivrance d’antidépresseurs en amont de l’hospitalisation (45 % en association avec un traitement hypnotique ou anxiolytique et 9 % de façon exclusive).

Enfin, l’étude met en évidence qu’une prise en charge en amont exclusivement réalisée par un omnipraticien est associée à une augmentation du caractère non programmé de l’hospitalisation.

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