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La BPCO, souvent négligée chez la femme

33 % en 1974 à 46 % en 2012. Mais elle reflète aussi leur plus grande sensibilité aux effets du tabac. A consommation égale, le risque d’obstruction bronchique est plus élevé chez elles, y compris après arrêt du tabagisme (Amaral AFS et coll.,Am.J.Resp.Crit.Care Med.2017). La réduction du risque après arrêt semble d’ailleurs moins marquée que chez les hommes. A l’adolescence, un ralentissement de la croissance pulmonaire est visible dès une consommation de 5 cigarettes par jour, chez la jeune fille. La cohorte Millenium indique que le risque de BPCO apparaît dès la consommation de cinq à dix cigarettes par jour (Pirie K., et al. Lancet 2013). Et selon cette étude, les fumeuses perdraient 11 ans d’espérance de vie, selon cette étude.

 

Des symptômes plus marqués

 

Plus fréquente, à facteur de risque égal, la BPCO est aussi plus grave chez la femme, avec davantage d’exacerbations et d’hospitalisations. Le VEMS décline plus vite chez elles en cas de tabagisme, même pour des consommations inférieures à 15 cigarettes par jour (Gan WQ, Resp.Dis.2006). L’étude française Vitalité a comparé les symptômes de la BPCO chez les femmes et chez les hommes (Raherison C. BMC Women Health 2014). Les premières étaient nettement plus jeunes (61,9 ans contre 66,6 ans) et avaient une consommation tabagique un peu moindre (37,1 contre 40,4 paquets-années). À gravité de la BPCO égale, elles avaient des symptômes (toux, dyspnée, expectoration) plus intenses et une qualité de vie plus altérée.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer ces disparités. "Il existe très probablement une hyperréactivité bronchique plus importante chez la femme ainsi qu’une plus grande sensibilité à l’inflammation, et les bronches sont de plus petit calibre", a observé le Dr Maeva Zysman, pneumologue au CHU de Nancy (Inserm  U955), qui évoque également la possibilité de prédispositions génétiques. Par ailleurs, on observe aux alentours de la cinquantaine une fragilité particulière, qui pourrait être liée à la disparition de l’effet protecteur des œstrogènes.

La femme souffre également plus volontiers de comorbidités. L’association d’un asthme et d’une BPCO (syndrome Acos), notamment, est fréquente et complique le diagnostic. Pour le Dr Anne Prudhomme, "la BPCO a un retentissement psychologique majeur chez les femmes. L’anxiété et la dépression sont des comorbidités fréquentes de la maladie, potentiellement révélatrices de la pathologie". Le risque de cancer du poumon est également significativement plus élevé que chez l’homme (risque multiplié par 3,97 contre 2,23 chez l’homme, à degré égal d’obstruction bronchique). Enfin, l’ostéoporose est fréquente et peut être aggravée par la corticothérapie inhalée.

 

Le tabac pas seul en cause

 

Plus de 80 % des BPCO sont imputées au tabagisme et la gravité de la maladie est directement liée à l’importance de la consommation. La France fait figure de mauvaise élève à cet égard. "Le taux de tabagisme frôle 30 %, déplore le Pr Bruno Housset. C’est parmi les taux les plus élevés en Europe." D’autres facteurs peuvent intervenir, comme...

Sources : 

Conférence de presse de la journée mondiale contre la BPCO, 8 novembre 2017.

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