Ni l’immunosuppression, ni la radiothérapie n’ajoutent de bénéfice au traitement par la corticothérapie chez les patients ayant une ophtalmopathie basedowienne | egora.fr
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Ni l’immunosuppression, ni la radiothérapie n’ajoutent de bénéfice au traitement par la corticothérapie chez les patients ayant une ophtalmopathie basedowienne

Le traitement standard, chez les patients ayant une ophtalmopathie basedowienne, est la corticothérapie. Afin de savoir si la radiothérapie orbitaire ou l’immunosuppression anti-proliférante pouvaient avoir un effet bénéfique complémentaire, une équipe multicentrique britannique a mis en place l’étude CIRTED, une étude multicentrique en double insu, randomisée, contrôlée, menée dans 6 centres au Royaume-Uni.

Des adultes ayant une ophtalmopathie modérée à sévère avec une exophtalmie ou une atteinte oculomotrice ont été recrutés. Ils ont tous reçu de la prednisolone par voie orale à raison de 80 mg par jour durant 24 semaines (puis 20 mg par jour pendant 6 semaines, 10 mg par jour pendant 15 semaines et 5 mg par jour pendant 21 semaines) puis ont été assignés de manière randomisée soit à une authentique radiothérapie, soit à une radiothérapie factice ainsi qu’à de l’azathioprine ou à du placebo. La radiothérapie administrée était de 80 Gy, en 10 à 12 fractions sur 2 à 3 semaines. Le traitement par azathioprine était donné pendant 48 semaines à la dose de 100 à 200 mg par jour en fonction du poids corporel.

Entre 2006 et 2013, 126 patients ont été recrutés et assignés de manière randomisée : 31 patients ont reçu de la radiothérapie et de l’azathioprine, 31 ont reçu de la radiothérapie factice et de l’azathioprine, 32 de la radiothérapie et du placebo et 32 ont eu de la radiothérapie factice et du placebo. Les odds ratio ajustés pour l’amélioration d’un score composite clinique était de 2.56 (IC 95 % = 0.98-6.66, p = 0.054) pour l’azathioprine et de 0.89 (0.36-2.23, p = 0.80) pour la radiothérapie. Dans une analyse post-hoc des patients qui ont terminé l’étude et la prise du traitement, les odds ratios ajustés pour l’amélioration étaient de 6.83 (1.66-28.1, p = 0.008) pour l’azathioprine et de 1.32 (0.30-4.84 ; p = 0.67) pour la radiothérapie. L’index d’ophtalmopathie, le score d’activité clinique et le nombre d’événements secondaires n’étaient pas différents selon les groupes de traitement.

En conclusion, chez les patients qui reçoivent de la prednisolone pendant 24 semaines, la radiothérapie n’apporte pas de bénéfice supplémentaire. Il n’y a pas non plus de bénéfice complémentaire de l’azathioprine dans l’analyse principale. Cependant, ces conclusions sont limitées par le nombre élevé de patients qui sont sortis de l’étude avant la fin. En effet, lorsque seuls les patients qui ont terminé l’étude sont analysés, il semble se dessiner une amélioration sous traitement par azathioprine mais pas sous radiothérapie.

Sources : 
Dalm V.A.S.H. et al. Graves’s orbitopathy : the ongoing search for new treatment strategies. Lancet Diabetes Endocrinol 2018 . 6 : 261-263.

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