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Impact important des boissons sucrées sur le risque de cancer

De nouvelles données, issues de l’étude NutriNet-Santé, établissent un lien entre consommation de boissons sucrées, même à faibles doses et même s’il s’agit de jus 100% pur fruits, sur l’apparition de cancers et en particulier de cancer du sein.

La consommation de boissons sucrées pourrait augmenter le risque de cancer globalement et en particulier celui de cancer du sein, indépendamment du poids. C’est à partir de données de la cohorte NutriNet-Santé que les auteurs sont parvenus à cette conclusion. Ils se sont intéressés à ce sujet car si la nocivité de ces boissons sur le plan cardiovasculaire est bien connue, son impact sur la survenue de cancer n’a été que très peu étudié. Or, son l’impact de l’obésité en oncologie n’est plus à prouver, passant par des mécanismes inflammatoires ou liés au stress oxydant.

Dans leur étude, les chercheurs ont inclus 101 257 participants à l’étude NutriNet-Santé, qui ont été suivis de 2009 à 2018. Une analyse très précise des consommations alimentaires a été pratiquée grâce, notamment, à des enregistrements de 24h répétés (6 en moyenne par participant) portant sur plus de 3300 aliments différents (dont 109 types de boissons sucrées/édulcorées).

2 0193 cas de cancer sont survenus dont 693 du sein. Les analyses ont mis en évidence un risque accru de cancer. Ainsi, une augmentation de 100mL (1/3 de cannette) de la consommation moyenne quotidienne de boissons sucrées était associée à une augmentation d’environ 18% du risque de cancer. Ce lien concernait à la fois la consommation de boissons sucrées à type de soda, mais aussi les jus de fruits même s’ils était étiqueté comme étant "100% pur jus". "Les résultats des analyses suggèrent un rôle important du sucre dans les associations observées, qui par ailleurs, n’étaient pas uniquement expliquées par une prise de poids au cours suivi", précisent les auteurs dans le communiqué de presse relatant les données de cette étude. 

Cependant, ils restent prudents car il s’agit d’une étude observationnelle, qui ne peut donc pas établir de lien de cause à effet. Mais ils considèrent que l’étude présente des forces importantes : design prospectif, effectif important, précision des données alimentaires, robustesse statistique. En outre, les résultats tiennent compte de nombreux facteurs sociodémographiques comme l’âge, le sexe, le tabagisme, la consommation d’alcool, le niveau d’étude, l’activité physique ainsi que le statut pondéral, les comorbidités métaboliques, les antécédents familiaux. Ces données apparaissent donc fiables. Pour les auteurs, elles pourraient être importantes dans le contexte actuel de débat sur la "taxe soda".

Sources : 

Eren/Inserm/Inra/ Le Cnam/ Université Paris 13. BMJ, 11 juillet 2019.

https://www.bmj.com/content/366/bmj.l2408

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