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Epilepsie : des enfants souvent en difficulté à l’école

"Pourtant, une enquête conduite sur 1,2 million d’enfants n’a retrouvé aucun décès par épilepsie, alors qu’il y en a eu 15 par asthme, une maladie pourtant bien mieux acceptée à l’école", a signalé le Dr Cordoliani. L’établissement du projet pédagogique (PPS et PAI) pourra contribuer à dédramatiser la situation en planifiant les stratégies à adopter en cas de crise épileptique. Pour bien rédiger le PAI sur demande des familles, il faut toutefois avoir à l’esprit que celui-ci est destiné à une équipe éducative et non à une infirmière (qui risque de ne pas être là). Le mot "absence" est donc à prohiber car non compris. On expliquera les mesures à prendre "en cas de perte de connaissance brutale avec chute et mouvements convulsifs et salivation", de "brève rupture du contact avec regard vague", de "secousses brutales des membres". Le Dr Cordoliani a insisté sur le fait qu’il ne faut pas prescrire du diazépam intrarectal (un mode administration impossible en classe) et préférer le midazolam par voie buccale. Attention pour les traitements injectables, "les non professionnels de santé n’ont pas le droit de remplir une seringue à partir d’un flacon", a souligné le Dr Cordoliani.

Le Pr Stéphane Auvin, neuropédiatre à l’hôpital Robert Debré de Paris, a insisté sur l’importance d’éviter au maximum toute stigmatisation de ces enfants lors des activités scolaires et périscolaires. "La pratique sportive, qui pourrait avoir un impact positif sur le contrôle des crises épileptiques en plus d’améliorer la santé, la sociabilité et l’estime de soi, si importante à conserver chez ces enfants, est très rarement contre-indiquée." Et, s’il faut être prudent en début de traitement, la piscine est très généralement possible, le risque de noyade étant très réduit en cas de baignade surveillée. En dehors des exceptionnelles épilepsies photodéclenchées, les risques liés à l’utilisation des écrans (à l’école ou ailleurs) sont très faibles et aucune éviction n’est donc le plus fréquemment nécessaire.

Sources : 
D’après les communications des Drs Nathalie Villeneuve (Marseille), Christine Cordoliani (Bastia), Stéphane Auvin (Paris) lors du Congrès de la Société française de pédiatrie (Paris, 19-21 juin 2019).
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