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Zika : des séquelles neurologiques fréquemment persistantes à 3 ans

Des séquelles importantes liées à une infection par le virus Zika pourraient persister au moins trois ans après l’infection, rapporte une étude menée par des équipes de recherche aux Antilles et en métropole (Institut Pasteur à Paris, Inserm, Institut Pasteur de Guadeloupe, CHU de Guadeloupe, de Martinique, de la Pitié-Salpêtrière de Paris, CNRS). 

Cette étude d’observation basée sur la population lors de l’épidémie de 2016 aux Antilles françaises, visait à avoir une idée des conséquences à long terme de l’infection. Pour ce faire, les chercheurs ont étudié tous les malades du Zika qui se sont présentés à l’hôpital et avaient consultés des médecins pour des symptômes neurologiques. Parmi ceux-ci, 87 patients, dont 6 enfants, avait un neuroZika. Parmi eux, la majorité (54 patients) présentait des atteintes du système nerveux périphérique. Dix-neuf autres avaient une atteinte du système nerveux central et quatorze patients présentaient un tableau neurologique mixte, à la fois central et périphérique.

Les résultats montrent qu’un quart des sujets souffraient toujours de troubles neurologiques résiduels trois ans après l’infection, à type de trouble de la marche ou de d’instabilité posturale. Et six de ces personnes (7,9% de l'échantillon) présentent encore des atteintes sévères. « Ce sont des patients qui sont généralement passés en réanimation, qui avaient un syndrome de Guillain-Barré, donc une paralysie des quatre membres. Ils n'ont pas encore récupéré la marche et sont totalement dépendants dans les gestes de la vie quotidienne. Certains vont garder des séquelles », détaille à l'AFP Annie Lannuzel, professeur de neurologie à l'université des Antilles, qui a piloté l'étude. La majorité des personnes suivies avaient cependant totalement récupéré ou ne présentaient que quelques signes sans répercussion importante. Par ailleurs, trois patients sur les 87 sont décédés. 

" Il faut vraiment prendre en charge ces cas rapidement et précocément "

Un des marqueurs de sévérité pourrait être la détection des acides nucléiques viraux dans le sang, l’urine ou le liquide céphalorachidien. A. Lannuzel recommande donc une meilleure prise en compte de ces cas afin d'adapter la prise en charge. « Quand on trouve le virus dans un liquide de l’organisme, il peut y avoir une atteinte plus sévère. Il y a un risque de passer en réanimation ou d'être intubé. Il faut vraiment prendre en charge ces cas rapidement et précocement », ajoute la spécialiste. « Ces résultats révèlent que le spectre du neuroZika revêt une grande diversité de manifestations cliniques. Ils soulignent aussi l’importance de la détection des acides nucléiques du virus pour mieux prendre en charge les malades qui pourraient présenter des graves séquelles à long terme » souligne aussi Françoise Lazarini, chercheuse au sein de l’Unité de perception et mémoire olfactive dans le département des Neurosciences de l’Institut Pasteur.

En 2016, l'épidémie de Zika a concerné plus de 66 000 personnes aux Antilles. Dans la grande majorité des cas, la maladie se manifeste par une forte fièvre, des douleurs et des signes cutanés sur une courte période.

Sources : 
Source : neurology, 26 avril 2019. Inserm, 1er mai 2019. Avec AFP.

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