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L’adiposité est un facteur de risque indépendant de déclin du taux de filtration glomérulaire et de décès

Plusieurs études ont rapporté une association entre l’obésité et l’insuffisance rénale terminale, même si l’importance de cette association est très variable d’une étude à l’autre. Des études de cohorte d’insuffisance rénale chronique ont suggéré que l’obésité était associée à une absence de risque ou même une diminution du risque de décès. Les méta-analyses qui examinent la relation entre l’indice de masse corporelle et l’insuffisance rénale chronique ont été limitées par le manque de données individuelles et n’ont pas inclus des mesures de l’adiposité viscérale comme le tour de taille.

C’est la raison pour laquelle une équipe internationale s’est donnée pour objectif d’évaluer l’association entre les mesures d’adiposité (IMC, tour de taille et rapport taille/hanche) avec la baisse du taux de filtration glomérulaire et la mortalité globale. Ils ont pour cela réalisé une méta-analyse de données individuelles provenant de cohortes de 40 pays ayant des données collectées entre 1970 et 2017.

Sur un suivi moyen de 8 années, 246 607 sujets des cohortes de population générale, soit 5.6 %, avaient une diminution du taux de filtration glomérulaire, 18 118, soit 0.4 %, avaient une insuffisance rénale terminale et 78 329 (14.7 %) sont décédés. Après ajustement pour l’âge, le sexe, l’origine ethnique, le tabagisme, le hazard ratio pour le déclin du taux de filtration glomérulaire en comparaison des indices de masse corporelle, était de 1.18 (IC 95 % = 1.09 à 1.27) pour un IMC de 30, de 1.69 (1.51 à 1.89) pour un IMC de 35 et 2.02 (1.80 à 2.27) pour un IMC de 40 kg/m2 en comparaison avec un IMC de 25 kg/m2. Les résultats étaient similaires dans tous les sous-groupes. Les associations étaient plus faibles après ajustement pour les comorbidités additionnelles. L’association entre l’IMC et le décès avait une forme en J, le risque le plus bas correspondant à un IMC de 25 kg/m2. Dans les cohortes à haut risque cardiovasculaire et de maladies rénales chroniques, les associations entre les IMC les plus élevés et le déclin du taux de filtration glomérulaire étaient plus faible que dans la population générale et l’association entre l’IMC et le décès avait aussi une forme de J, le risque le plus bas correspondant à un IMC entre 25 et 30 kg/m2. Dans toutes les cohortes, les associations entre les tours de taille les plus élevés et les rapports taille/hanche les plus élevés avec le déclin du taux de filtration glomérulaire étaient similaires à celles de l’IMC. Toutefois, l’augmentation du risque de décès n’était pas associée à des tours de taille plus faible ou des rapports taille/hanche plus faibles comme cela l’était avec l’IMC.

En conclusion, l’augmentation de l’IMC, du tour de taille et du rapport taille/hanche est un facteur de risque indépendant de déclin du taux de filtration glomérulaire et de décès et cela que les sujets aient un taux de filtration glomérulaire normal ou qu’ils aient déjà une réduction du taux de filtration glomérulaire.

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