Alzheimer : un sondage montre l’impact du déremboursement des traitements | egora.fr
PUB

Vous êtes ici

A+ A-

Alzheimer : un sondage montre l’impact du déremboursement des traitements

Selon une enquête de France Alzheimer, le déremboursement des traitements spécifiques de la maladie a des conséquences néfastes sur les troubles cognitifs, de même que sur les plans financier pour les familles et relationnel avec le médecin.

 

Il y a 7 mois entrait en vigueur le déremboursement des médicaments jusque-là indiqués dans la maladie d’Alzheimer. L’association France Alzheimer s’est positionnée contre cette mesure, arguant un sentiment d’incompréhension et d’abandon des malades et de leurs proches. Mais qu’en est-il réellement des conséquences de cette mesure tant sur les plans physique que psychique et social des malades et des familles ?

Pour répondre à cette question, un sondage a été réalisé par l’Union nationale des associations France Alzheimer auprès de 2 547 personnes, parmi lesquelles 2 463 proches aidants et 84 personnes malades. Cette enquête visait à analyser la situation et les besoins des personnes concernées. Les résultats mettent en évidence trois conséquences qualifiées d’ "alarmantes" par France Alzheimer.

Ainsi tout d’abord, le déremboursement des traitements a entraîné une augmentation des symptômes de la maladie pour 52 % des personnes interrogées, qui ont constaté une aggravation précipitée des troubles cognitifs. Et 8 répondants sur 10 considèrent l’argument d’inefficacité des traitements comme infondé. 

Par ailleurs, l’impact financier apparaît loin d’être négligeable, lié à l’augmentation du reste-à-charge pour les patients qui ont continué le traitement malgré son déremboursement. Ainsi, alors que 2 répondants sur 3 prenaient au moins l’un des médicaments au moment de l’annonce, 70 % d’entre eux n’envisagent pas d’arrêter le traitement, principalement en raison de son efficacité (pour 62,5%). Cependant, 20 % l’ont arrêté et 10 % pensent l’arrêter prochainement, principalement à cause du coût trop important.

La troisième conséquence est un appauvrissement du lien thérapeutique existant entre le médecin et son patient. En effet, seules 55 % des personnes ayant décidé de ne plus prendre de traitements continueront à consulter un médecin spécialiste. 38 % ont déjà arrêté de lui rendre visite et 7 % l’envisagent.

L’enquête met enfin en évidence l’importance de la recherche pour les malades. Ainsi, le soutien à la recherche devrait être une priorité pour 68 % des proches aidants et 77 % des malades. Vient ensuite le développement de thérapies non médicamenteuses, et de solutions de répit pour les aidants.

L’Union des associations France Alzheimer et maladies apparentées finance une étude clinique à hauteur de 200 000 €, qui analysera l’impact sur les capacités cognitives de la prise quotidienne du Donépézil comparé à celui de la prise d’un placebo. France Alzheimer espère que ce projet fournira "de nouveaux résultats concrets pouvant mener à la décision de rembourser à nouveau ces médicaments".

Sources : 

Communiqué France Alzheimer, 21 février 2019. Avec AFP

9 commentaires

D'accord, pas d'accord ?
Débattez-en avec vos confrères.

Vous n'avez pas de compte ?

Inscrivez-vous gratuitement

 

Site d’informations médicales et professionnelles,
Egora.fr s’adresse aux médecins, étudiants des facultés de médecine et professionnels de santé (infirmier, kiné, dentiste…). Nous traitons des sujets qui font le quotidien des médecins généralistes (démographie médicale, consultation, rémunération, charges, relations avec la CPAM, FMC, remplacement, annonces) et plus largement de tout ce qui concerne l’actualité santé : pathologies, médicaments, hôpital, recherche, sciences…