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Essais cliniques industriels : pourquoi la France recule ?

L’Académie nationale de médecine s’alarme du recul de la France concernant les essais cliniques, et en particulier ceux à liés à l’industrie pharmaceutique. Dans ce domaine, en effet, la France est passée, en 10 ans, de la première à la sixième place au niveau européen.

 

Les essais à promotion industrielle ont diminué de 16 %, entre 2012 et 2016, et ne représentant plus que 26 % des études interventionnelles contre 45 % en 2014 dans la base de données clinicaltrial.gov, qui répertorie l’ensemble des essais (académiques et industriels). De même, la France n'a participé qu'à 20 % des protocoles réalisés en Europe en 2016 contre 27 % en 2012 et 48 % en 2008. Cette diminution touche principalement les phases précoces des études ; et l’ensemble des disciplines sont concernées sauf l'hématologie, l'oncologie et l'immunologie, qui font figures d’exception.

"Ce recul est préoccupant car, selon l'EU Clinical Trial Register, la France est actuellement à la 6ème place en nombre total d'essais cliniques pour les phases I, 7ème place pour les phases II et III, très loin derrière l'Allemagne, le Royaume Uni et l'Espagne, mais aussi derrière la Belgique, les Pays Bas et l'Italie (sauf pour les phases I pour cette dernière)", souligne l’Académie nationale de médecine dans un rapport qu’elle vient de publier sur ce sujet.

Les académiciens ont identifié quatre grandes raisons pouvant expliquer cette évolution : un recul de l’offre de médicaments français ; des lourdeurs administratives ; des capacités réduites d’inclusion dans les délais impartis ; et une certaine démotivation des investigateurs.

Ainsi, "les nouvelles molécules ont tendance à être étudiées en premier lieu dans le pays siège de l’entreprise, du moins en ce qui concerne les phases précoces" rappelle Yvon Lebranchu, rapporteur de ce texte. Or, on assiste actuellement à un recul de l’industrie pharmaceutique française, qui entraine de facto une diminution de l’offre de médicaments. La France, premier producteur de médicaments en Europe jusqu’en 2008, a ainsi reculé en 2016 à la 4ème place, loin derrière la Suisse, l'Allemagne et l'Italie, talonnée de très près par l'Irlande. Pour les académiciens, "l'industrie pharmaceutique […] n'a pas su prendre le virage des biotechnologies ce qui explique sa place réduite dans la production des nouveaux médicaments qui sont souvent des biomédicaments". A cela, s’ajoute la difficulté des entreprises de biotechnologie qui, bien que nombreuses en France, ont du mal à...

Sources : 

Académie nationale de médecine, 5 juin 2018.

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