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Mortalité prématurée aux Etats-Unis : des chiffres qui inquiètent

La réduction de la mortalité primaire est un objectif de développement des Nations unies. A la différence des autres pays développés, aux Etats-Unis, la mortalité ajustée à l’âge a atteint un plateau et a un peu augmenté en 2015, possiblement du fait d’une augmentation de la mortalité prématurée.

Ceci a conduit une équipe d’épidémiologistes américains à analyser les tendances de la mortalité aux Etats-Unis entre 1999 et 2014 chez les personnes de 25 à 64 ans en fonction de leur âge, de leur sexe et de leur origine ethnique, afin d’identifier des causes spécifiques de décès. Pour cela, ils ont utilisé des certificats de décès provenant du centre national américain pour les statistiques de santé.

Entre 1999 et 2014, la mortalité prématurée a augmenté chez les Blancs et chez les Amérindiens et les natifs d’Alaska. Les augmentations les plus importantes étaient chez les femmes et chez les sujets âgés de 25 à 30 ans. Chez les trentenaires, la mortalité annuelle a augmenté de 2.3 % (IC 95 % = 2.1 – 2.4) chez les femmes blanches, de 0.6 % (0.5 – 0.7) chez les hommes blancs et de 4.3 % (3.5 – 5) chez les Amérindiens et de 1.9 % (1.3 – 2.5) chez les natifs d’Alaska. Ces augmentations étaient principalement attribuées à des décès accidentels (principalement intoxication par des drogues), une pathologie chronique hépatique, une cirrhose et le suicide. Chez les sujets âgés de 25 à 49 ans, 111 000 décès prématurés sont survenus chez les Blancs et 6 600 chez les Amérindiens et les natifs d’Alaska au cours des années 2000-2014. En revanche, la mortalité prématurée a diminué de manière substantielle dans tous les groupes d’âge chez les hispaniques (jusqu’à 3.2 % par an), chez les sujets noirs (jusqu’à 3.9 % par an) et chez les habitants des îles Pacifique et d’Asie (jusqu’à 2.6 % par an). C’est probablement du fait d’une diminution du HIV, du cancer et des pathologies cardiaques, conduisant à une réduction de 112 000 décès chez les hispaniques, de 311 000 chez les noirs et de 34 000 chez les natifs des îles d’Asie et du Pacifique âgés de 25 à 64 ans. Au cours des années 2011 à 2014, les Amérindiens et les natifs d’Alaska avaient la mortalité prématurée la plus élevée, suivis par les noirs.

Ces données indiquent donc des succès en termes de santé publique, en particulier le traitement du HIV et l’arrêt du tabac, dans la contribution à la diminution de la mortalité prématurée chez les hispaniques, les noirs et les natifs des îles d’Asie et du Pacifique. Toutefois, ces progrès ont été annihilés par la mortalité prématurée survenue chez les sujets jeunes et d’âge moyen (25 à 49 ans) blancs, amérindiens et natifs d’Alaska, principalement du fait de causes potentiellement évitables comme les empoisonnements par les drogues, le suicide, les pathologies hépatiques chroniques et la cirrhose.

L’importance de la mortalité prématurée annuelle aux Etats-Unis est extrêmement inhabituelle dans les pays développés, ce qui devrait conduire à une réponse rapide en termes de santé publique.

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