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Lyme : moins de 10 % des patients présumés ont réellement la maladie

Dans la grande majorité des cas, les patients étaient considérés comme atteints de la maladie de Lyme s’ils réunissaient quatre critères : une exposition à une tique, des signes cliniques caractéristiques de la pathologie, des tests sérologiques positifs et une guérison après l’administration d’un traitement antibiotique adapté. Ils étaient considérés comme étant possiblement atteints de la maladie de Lyme s’ils validaient trois critères sur quatre. Un érythème migrant était cependant suffisant à lui seul pour confirmer le diagnostic.

En outre, dans une approche plus globale, dite « holistique » , qui tient compte de différentes variables du patient (âge, sexe, historique de sa maladie, signes cliniques et symptômes, dossier médical, traitements antibiotiques reçus, résultats des tests, incluant les tests sérologiques pour la maladie de Lyme, et autres examens prescrits), un traitement d’épreuve anti maladie de Lyme était systématiquement administré quand il existait un doute diagnostique et que le patient n’avait pas encore eu de traitement présumé efficace.

91 % des patients avaient été exposés à une piqure de tique et 54 % avaient été effectivement piqués. Les patients présentaient une médiane de 3 symptômes (1-12) avec une durée médiane des symptômes de 16 mois (1-68). Les résultats ont montré qu’une maladie de Lyme a été confirmée chez environ un patient sur 10 (9,6 %) et jugée possible pour 2,9 %. Une autre maladie a finalement été diagnostiquée chez 80 % des patients. Il s’agissait principalement de problèmes psychologiques (31,2 %), de maladies rhumatologiques ou musculaires (19 %), de maladies neurologiques (15,2 %) ou d’autres maladies (33,7 %) dont un nombre non négligeable de syndrome d’apnée du sommeil. Ces patients étaient « significativement plus jeunes, avaient plus de symptômes (fonctionnels), moins de signes physiques (objectifs), une plus longue durée d’évolution et moins souvent des sérologies positives pour la maladie de Lyme », précise l’AP-HP.

De plus, l’étude met en avant un nombre important de traitements anti-infectieux inadaptés. Ainsi, dès la première consultation, plus de la moitié des patients (50,1 %) avaient déjà reçu des antibiotiques voire d’autres anti-infectieux (antiparasitaires, antifungiques, antiviraux) pour rien durant une durée médiane de 34 jours (les extrêmes allant de 28 jours à 730 jours). "A l’heure de l’émergence de l’ultra-résistance aux antibiotiques partout dans le monde y compris pour traiter des infections courantes, une telle pression médicamenteuse est peu admissible car elle n’a aucune justification, l’ensemble des études ayant cherché à évaluer correctement l’intérêt d’une antibiothérapie prolongée dans la maladie de Lyme n’ayant montré aucun bénéfice pour les malades", conclut l’AP-HP.

Sources : 
Bulletin épidémiologique hebdomadaire du 7 mai 2019.
Communiqué de l’AP-HP du 18 septembre 2019
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