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Une protéine pourrait révolutionner le traitement du sepsis

Le sepsis constitue une problématique majeure de santé, du fait de sa sévérité et de son évolution épidémiologique. Des chercheurs français ont découvert l’importance d’une protéine, qui neutralise les endotoxines produites par les bactéries en cause, et semble constituer un atout pour réduire la mortalité liée à ce syndrome.

Le 13 septembre aura lieu le la Journée mondiale du sepsis, sous l’égide de la Global sepsis Alliance. L’occasion de rappeler la fréquence et la sévérité de ce syndrome, puisqu’une personne dans le monde en meurt toutes les 3 à 4 secondes. Plus précisément, selon les chiffres de l’Institut Pasteur, dans les pays industrialisés, on dénombre 377 cas de sepsis pour 100 000 habitants. Chaque année, le sepsis tue 6 millions de nourrissons. En France, la mortalité du sepsis est de 27 %, mais celle du choc septique peut atteindre 50 %. En outre, les projections suggèrent un doublement du nombre de cas d’ici cinquante ans, s’expliquant notamment par le vieillissement de la population. La situation est telle qu’en mai 2017, l’Organisation mondiale de la Santé a pris la décision de reconnaître la septicémie comme un problème de santé publique majeur.

Basée sur une antibiothérapie adaptée et précoce, le traitement du sepsis reste cependant insuffisant actuellement dans de nombreuses circonstances. C’est pourquoi des chercheurs français (Inserm Dijon, Inserm Montpellier, et Inra Paris-Saclay) se sont penchés sur la particularité des endotoxines, qui sont à l’origine du sepsis. Ils se sont focalisés sur une protéine, baptisée Pltp (pour plasma phospholipid transfer protein), qui semble avoir la faculté de se lier aux endotoxines situées sur la paroi externe des bactéries voire de les transporter vers le foie. "En cas d'infection, cette protéine semblait donc pouvoir jouer un rôle dans l'élimination des endotoxines" explique l’Inserm. Les chercheurs ont tout d’abord réussi à confirmer cette hypothèse sur des souris génétiquement modifiées. Ils ont ensuite, grâce à une collaboration avec l’Inra réussi à en produire une quantité suffisante pour procéder à des essais thérapeutiques. Ils ont ensuite testé la capacité de la Pltp à combattre la réponse inflammatoire chez des souris souffrant de sepsis. Ils ont alors constaté que d’assez faibles quantités de la protéine ont suffi à améliorer considérablement l’état de santé de ces souris. Elle agissait en bloquent la prolifération des bactéries, en fragilisant leur paroi, mais aussi permettait de transporter les endotoxines jusqu’au foie pour qu’elles soient ensuite éliminées par la voie biliaire.

"Tant que l’on n’a pas neutralisé de manière endogène, dans l’organisme de l’individu, les endotoxines bactériennes qui vont être responsables de la réponse inflammatoire et de toute la cascade d’effets délétères que cela va entraîner, on ne résout pas définitivement le problème. Or il apparaît que la Pltp, elle, parvient à neutraliser ces endotoxines et à détoxifier le sang, du moins chez les souris", concluent les chercheurs.

Sources : 

Inserm/Insra/Université de Bourgogne, 8 septembre 2017

Science reports, publication avancée en ligne du 8 juin 2017.

http://www.nature.com/articles/s41598-017-03285-9

 

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