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Traitement des patients atteints de MICI : l’approche graduée prédominante

Même si les thiopurines restent le traitement de première ligne privilégié, le niveau d’exposition aux anti-TNF est élevé parmi les patients atteints de MICI en France. La stratégie thérapeutique ascendante, appelée step up par les Anglo-Saxons, est la plus utilisée.

La prise en charge des patients atteints de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI), maladie de Crohn (MC) et rectocolite hémorragique (RCH) a évolué ces dernières années avec une augmentation de la prescription des anti-TNF en monothérapie et en association avec les thiopurines (combothérapie). Alors qu’il n’existait pas d’étude ayant observé les durées réelles de traitement ainsi que les changements thérapeutiques chez ces patients, l’ANSM a initié un projet MICI en 2014 à partir des données du Sniiram (Système national d'information inter-régimes de l'Assurance maladie).

La première partie de l’enquête, qui visait à identifier la population atteinte de MICI ainsi que la fréquence d’exposition aux différents traitements entre 2009 et 2014, est présentée dans le bulletin Vigilances de l’ANSM (n°72, février 2017). L’étude conduite par l’équipe du département de pharmaco-épidémiologie de l’ANSM* a permis d’identifier 210.001 patients atteints de MICI en France (47,7 % de MC et 52,3 % de RCH), dont 140.276 avec un diagnostic antérieur au 1er janvier 2009 et 69.725 diagnostiqués entre 2009 et 2013. La proportion d’hommes est de 46,1 %.

Cinq ans après le diagnostic, les traitements sont les suivants : dans la MC, 43,6% des patients reçoivent une thiopurine (azathioprine ou 6-mercaptopurine), 33,8 % un anti-TNF et 18,3 % une combothérapie ; dans la RCH, 24,9 % des patients reçoivent une  thiopurine, 12,9 % un anti-TNF et 7,4 % une combothérapie. Ainsi, parmi les patients ayant reçu des thiopurines ou des anti-TNF, le premier traitement est majoritairement une thiopurine en monothérapie (plus de 70 %). L’étude montre que parmi les patients traités par des anti-TNF, 45,2 % avaient commencé le traitement en monothérapie dans les trois mois suivant le diagnostic de MC (38,2 % pour RCH).

Les résultats révèlent également une fréquence élevée des pauses thérapeutiques. Une interruption de traitement est en effet observée suite à l’initiation pour plus d’un tiers des patients, sans que ces arrêts soient expliqués par une hospitalisation ou une chirurgie. Environ 40 % de ces patients ont ensuite repris le traitement antérieur.

Ainsi, même si les thiopurines restent le traitement de 1re ligne privilégié, le niveau d’exposition aux anti-TNFs est élevé parmi les patients atteints de MICI en France. Les prochains résultats de l’étude porteront sur les risques d’infections sévères/opportunistes et de lymphomes associés à ces traitements.

 

*Kirchgesner J, Lemaitre M, Rudnichi A, Racine A, Zureik M, Carbonnel F, Dray-Spira R. Therapeutic management of inflammatory bowel disease in real-life practice in the current era of anti-TNF agents: analysis of the French administrative health databases 2009-2014. Alimentary Pharmacology & Therapeutics 2016 Oct 26. doi: 10.1111/apt.13835.

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