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Syndrome de Cushing : la mortalité reste élevée dans les trois mois suivant l’instauration du traitement

Les patients atteints du syndrome de Cushing (SC) présentent une mortalité accrue, qu’ils aient un SC d’origine hypophysaire (adénome hypophysaire sécrétant de l’ACTH, maladie de Cushing, MC) ou d’origine surrénalienne, ou en rapport avec une sécrétion ectopique d’ACTH (SEACTH).

Bien que le taux de mortalité standardisé soit plus faible chez les patients avec SC traité que chez les patients non traités, il persiste après traitement un risque accru, en particulier en l’absence de rémission biochimique après le traitement. Le but de l’étude rapportée dans le dernier numéro de l’European Journal of Endocrinology était d’évaluer les causes et le moment du décès dans une large cohorte internationale de patients atteints de SC et d’établir les facteurs associés à une mortalité accrue. L’étude de cohorte a permis d’analyser 1564 patients inclus dans le registre européen sur le SC (ERCUSYN) ; 1045 (67%) avaient une MC, 385 (25%) un SC d’origine surrénalienne, 89 (5%) avaient un SC en rapport avec une source ectopique d’ACTH (SEACTH) et 45 (3%) un SC d'autres causes. Le temps de suivi global médian (IQR) dans ERCUSYN était de 2,7 (1,2–5,5) années.

Quarante-neuf patients étaient décédés au moment de l'analyse. Il s’agissait dans 23 cas (47%) de patients atteints de MC, dans 6 (12%) de SC surrénaliens, dans 18 (37%) de  SEACTH et dans deux (4%) de SC dus à d'autres causes. Sur 42 patients dont la cause du décès était connue, 15 (36%) sont décédés des suites de la progression de la maladie sous-jacente, 13 (31%) d’infections, 7 (17%) de complications cardiovasculaires ou cérébrovasculaires et 2 d'embolie pulmonaire. Les infections (n = 8) étaient la cause de décès la plus fréquente chez les patients atteints de MC et chez ceux ayant un SC d’origine surrénalienne. La progression de la tumeur sous-jacente (n = 10) était la cause la plus fréquente de décès chez les patients ayant une SEACTH. Les patients décédés étaient plus âgés et plus souvent des hommes, et présentaient plus fréquemment une faiblesse musculaire, un diabète sucré et un SEACTH par rapport aux survivants. Sur 49 patients décédés, 22 (45%) sont décédés dans les 90 jours suivant le début du traitement et 5 (10%) avant le début du traitement. La cause la plus fréquente de décès chez ces 27 patients était les infections (n = 10 ; 37%). Dans une analyse de régression, l’âge, le fait d’avoir une SEACTH et celui d’avoir une maladie active ont été associés de manière indépendante à la mortalité globale avant et dans les 90 jours suivant le début du traitement.

En conclusion, le taux de mortalité le plus élevé est observé chez les patients atteints de SC par sécrétion ectopique d’ACTH. Les causes infectieuses étaient la première cause de décès peu après le diagnostic, soulignant la nécessité d'une vigilance clinique toute particulière à cette époque, en particulier chez les patients présentant un diabète sucré concomitant.

 

Sources : 
Valassi E et al. High mortality within 90 days of diagnosis in patients with Cushing’s syndrome: results from the ERCUSYN registry Eur J Endocrinol 2019;181:461–472

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