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Traitement intensif multifactoriel de diabétiques de type 2 : constat peu concluant à 10 ans

On sait, par l’étude STENO-2, que la prise en charge intensive et multifactorielle des patients diabétiques de type 2 à haut risque cardiovasculaire et présentant une microalbuminurie, réduit de moitié les événements cardiovasculaires.

Dans l’étude J-DOIT-3, le risque d’accident vasculaire cérébral est également réduit de moitié par un traitement intensif multifactoriel. En dehors de ces deux études, on ne dispose pas de beaucoup de données sur les effets d’un traitement multifactoriel intensif chez les patients diabétiques de type 2.

L’étude multicentrique internationale ADDITION-EUROPE a analysé les effets d’un traitement multiple des facteurs de risque de patients dont le diabète de type 2 a été détecté par dépistage. Les résultats initiaux ont été publiés dans le Lancet en 2011 et ce sont maintenant les résultats à 10 ans qui sont rapportés.

Dans cette étude, des cabinets de médecine générale de 4 centres (Danemark, Cambridge et Leicester au Royaume-Uni ainsi que les Pays-Bas) ont été assignés de manière randomisée à une prise en charge habituelle du diabète ou à un traitement multifactoriel intensif de diabétiques de type 2 dont le diabète venait d’être dépisté entre avril 2001 et décembre 2006. Le critère d’évaluation principal était un critère composite du premier événement cardiovasculaire dont la mortalité cardiovasculaire et la morbidité cardiovasculaire (infarctus du myocarde non fatal et AVC non fatal), une procédure de revascularisation et une amputation non traumatique.

343 cabinets ont été assignés à la prise en charge habituelle du diabète (n = 176) ou à une prise en charge multifactorielle intensive (n = 167) ; 317 ont inclus des patients entre avril 2001 et décembre 2006. Sur les 3 233 sujets dont le diabète avait été dépisté, 3 057 ont accepté de participer, 1 371 dans le groupe prise en charge habituelle et 1 678 dans le groupe intensif, mais à 10 ans de suivi, 14 avaient été perdus de vue et 2 avaient quitté l’étude, ne laissant que 3 031 patients à la fin des 10 ans de suivi. Le suivi moyen était de 9.61 ± 2.99 ans. Le maintien d’une réduction, 10 ans après le diagnostic, du poids corporel, de l’HbA1c, de la pression artérielle et du cholestérol, a été observé dans les deux groupes mais les différences entre les groupes, observées à 1 et 5 ans, s’étaient atténuées à 10 ans de suivi. A 10 ans de suivi, 443 participants avaient eu un premier événement cardiovasculaire et 465 étaient décédés. Il n’y avait pas de différence significative entre les groupes en termes d’incidence du critère d’évaluation principal : 16.1 pour 1 000 personnes/année dans le groupe prise en charge habituelle vs 14.3 pour 1 000 personnes/année dans le groupe prise en charge intensive, donnant un hazard ratio de 0.87 (0.73 – 1.04, p = 0.14). Il n’y avait pas non plus de différence de la mortalité globale (15.6 vs 14.3 pour 1 000 personnes/année ; HR = 0.90 ; 0.76 – 1.07).

En conclusion, on peut obtenir une réduction persistante de la glycémie et des facteurs de risque cardiovasculaire sur 10 ans chez les patients dont le diabète a été détecté et qui ont été pris en charge en médecine générale. La différence en termes de traitements prescrits et de facteurs de risque cardiovasculaire observée 5 ans après le diagnostic ne se maintient pas à 10 ans et la différence en termes d’événements cardiovasculaires et de mortalité reste non significative

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