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Le type d’assurance santé influence le délai de prise en charge des complications macrovasculaires du diabète

Les diabétiques sont à risque élevé de développer des maladies macrovasculaires, à l’origine de 70 % des décès et d’une altération profonde du bien-être.

Un meilleur accès aux soins primaires, aux soins aigus, aux tests diagnostiques, au traitement préventif et aux différentes interventions prévient ou retarde les complications macrovasculaires. Si certaines études ont montré que des prises en charge, avec des coûts élevés pour le patient, étaient en mesure de réduire le recours à différents services médicaux, d’autres études ont souligné que de telles réductions ne survenaient pas dans toutes les situations cliniques ou tous les sous-groupes de patients. Les assurances de santé à franchise élevée, dépassant 1 000 $ par an et par personne, sont de plus en plus fréquemment proposées par les employeurs. Ainsi, en 2018, 58 % des travailleurs avec des assurances de santé individuelles avaient des franchises de plus de 1 000 $ et 26 % avaient des franchises de plus de 2 000 $. Quels peuvent être les effets des assurances de santé individuelles à franchise élevée sur la prise en charge des maladies médicales chroniques ?

Afin de le déterminer, dans le cas particulier des complications macrovasculaires du diabète, une équipe américaine a essayé d’analyser si le passage d’une assurance de santé à faible franchise à une assurance de santé à franchise élevée était associé ou non à un retard de la prise en charge médicale dans les complications macrovasculaires du diabète.

Il s’agissait d’une étude longitudinale dans laquelle ont été comparées 33 957 personnes diabétiques qui ont démarré l’étude alors qu’ils avaient une assurance de santé à faible franchise (≤ 500 $/an/personne) puis qui ont dû changer d’assurance santé pour une assurance de santé à franchise élevée (≥ 1000 $/an/personne) et qu’ils ont poursuivi pendant au moins 4 ans. Le groupe témoin comprenait 294 942 diabétiques enrôlés alors qu’ils avaient une assurance de santé à faible franchise et qui ont poursuivi avec le même type d’assurance à faible franchise durant toute l’étude et qui ont été appariés avec les patients du groupe qui

avait changé de franchise. L’étude s’est étalée entre 2003 et 2012. Le critère d’analyse était le nombre de mois nécessaires pour qu’une personne consulte pour le premier symptôme macrovasculaire majeur, pour qu’ils aient leur premier test diagnostique pour une complication macrovasculaire du diabète et leur première procédure. Au début de l’étude, les deux groupes ne présentaient aucune différence. Au cours du suivi, en comparaison des patients qui n’avaient pas changé de franchise, les patients qui sont passés à une assurance de santé avec franchise plus élevée ont mis 1.5 mois de plus (IC 95 % = 0.8 à 2.3) pour consulter pour le premier symptôme majeur, 1.9 mois de plus (1.4 à 2.3) pour avoir recours au premier test diagnostique et 3.1 mois de plus (0.5 à 5.8 mois) pour que soit engagé la première procédure thérapeutique.

En conclusion, chez les diabétiques, une franchise plus élevée pour une assurance de santé est associée à un retard dans la prise en charge des complications macrovasculaires.

Sources : 

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