Comment traiter l'hypertrophie bénigne de la prostate : les recos de l'AFU | egora.fr
PUB

Vous êtes ici

A+ A-

Comment traiter l'hypertrophie bénigne de la prostate : les recos de l'AFU

souvent de préserver la sexualité, notamment en évitant les éjaculations rétrogrades post-opératoires. Les principales d’entre elles sont les techniques Urolift, et Rezum, qui offrent l’avantage de pouvoir éventuellement être réalisées sous anesthésie locale en une dizaine à une vingtaine de minutes, l’aquablation, l’embolisation des artères prostatiques.

La technique endoscopique Urolift consiste à écarter les lobes prostatiques, grâce à la pose de 2 à 6 implants dans la partie antéro-latérale de chaque lobe pour créer un chenal antérieur et lever l’obstruction sous-vésicale. Deux études, Lift et BPH6, ont conclu à l’absence d’altération des éjaculations avec cette méthode. Mais, elle ne peut être utilisée en cas d’HBP du lobe médian ou de volume prostatique dépassant 80 cc.

La thermothérapie endoscopique par Rezum a pour principe de détruire les tissus adénomateux prostatiques en injectant en leur sein grâce à une aiguille creuse de la vapeur d’eau chauffée par radiofréquence. Plusieurs essais ont suggéré qu’elle permettrait une amélioration fonctionnelle intéressante avec préservation de la sexualité. Malgré tout, le rapport de l’AFU estime indispensable la mise en place d’une étude randomisée contre résection transurétrale pour la développer.

L’aquablation est une technique robot-assistée, pratiquée sous contrôle échographique, qui consiste à détruire le tissu prostatique adénomateux grâce à un jet d’eau à haute pression.

L’embolisation des artères prostatiques est un acte de radiologie interventionnel effectué en ambulatoire et sous anesthésie locale, par voie fémorale le plus souvent, grâce à des microsphères de 250 à 400 µm. Elle débouche après geste bilatéral ou unilatéral (en cas de difficulté technique), sur une nécrose localisée avec réduction de 20 à 30 % du volume prostatique diminuant l’obstruction urinaire sans modifier la sexualité. Une étude publiée par les sociétés anglaise de radiologie et d’urologie, ayant comparé 216 embolisations à 89 résections transurétrales prostatiques a rapporté un taux d’amélioration symptomatique non inférieur après embolisation avec une durée d’hospitalisation plus courte. Mais, l’étude révèle aussi qu’"il s’agit d’un acte techniquement complexe nécessitant un apprentissage spécifique". Les échecs d’embolisation sont le plus souvent dus à des artères prostatiques de faible calibre, tortueuses, à l’athérosclérose. Depuis le 25 avril 2018, le NICE* britannique reconnaît dans ses recommandations de prise en charge cette possibilité thérapeutique "sous condition de consentement des patients, d’évaluation des résultats, et de formation adéquate des radiologues impliqués". 

*National Institute for Health and Care Excellence, www.nice.org.uk

Sources : 

D’après les communications de G. Robert (Bordeaux),), A. De la Taille (Créteil), A. Descazeaud (Limoges), lors du Congrès français d’urologie (Paris, 21-24 novembre 2018)

1 commentaires

D'accord, pas d'accord ?
Débattez-en avec vos confrères.

Vous n'avez pas de compte ?

Inscrivez-vous gratuitement

 

Site d’informations médicales et professionnelles,
Egora.fr s’adresse aux médecins, étudiants des facultés de médecine et professionnels de santé (infirmier, kiné, dentiste…). Nous traitons des sujets qui font le quotidien des médecins généralistes (démographie médicale, consultation, rémunération, charges, relations avec la CPAM, FMC, remplacement, annonces) et plus largement de tout ce qui concerne l’actualité santé : pathologies, médicaments, hôpital, recherche, sciences…