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La colchicine en post-infarctus fait ses preuves dans un vaste étude

La réduction des événements cardiovasculaires sous colchicine apparait majeure, de 23%, et est marquée sur les AVC (-74%)

Plusieurs données ont déjà mis en évidence l’importance de l’inflammation dans la maladie athéroscléreuse et ses complications. Des chercheurs canadiens ont donc voulu évaluer l’intérêt de la colchicine, administrée par voie orale, et qui possède une puissante action anti-inflammatoire, dans cette indication. L’étude (Colcot - the Colchicine Cardiovascular Outcomes Trial), qui vient d’être présentée en hotline au congrès de l’American Heart Association, le 16 novembre à Philadelphie, apporte des éléments de preuve solide concernant son intérêt dans ce domaine. Ces données ont été publiés simultanément dans The New England Journal of Medicine.

Colcot est une étude internationale, randomisée en double-aveugle contre placebo qui a porté sur 4 745 patients ayant présenté dans le mois précédent un infarctus du myocarde (IDM). Ils ont été répartis aléatoirement pour recevoir soit de la colchicine à faible dose (0.5 mg/j), soit un placebo. Le suivi médian a été de 22,6 mois.

Les résultats montrent que la colchicine entraine une réduction des événements cardiovasculaires (critère primaire d’efficacité comprenant décès cardiovasculaire, arrêt cardiaque récupéré, infarctus, AVC, ou hospitalisation urgente pour angor amenant à une revascularisation coronaire) de 23% par rapport au placebo. Ainsi, 5,5% des patients sous colchicine ont présenté l’un des événements du critère primaire, contre 7,1% des patients du groupe placebo (HR = 0.77; 95% CI = .61-.96; P=0.02). Mais plus encore, lorsque l’on analyse par sous-groupe, on constate une réduction de 74% des AVC, et de 50% des revascularisations coronaires urgentes. LA colchicine réduisait aussi l’ensemble des décès cardiovasculaires de 16%, les arrêts cardiaques récupérés de 17%, et les IDM de 9%. La tolérance a été bonne. Les effets secondaires ont été globalement rares ; les plus fréquents étant une diarrhée (9,7% des patients du groupe colchicine, 8,9% de ceux du groupe placebo).

Malgré ces résultats spectaculaires, les auteurs restent prudents, surtout au vu de la durée du suivi, qui reste assez court, et de la rareté des événements.

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